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Chine : des droits ou des jeux ?

L’une se souviendra sans doute longtemps
de ce 14 mai et l’autre de ce
4 juin. Mais l’une devra faire entrer
cette date dans sa tête comme étant
celle d’un tournant de sa vie.
Tandis que l’autre avait déjà
cette date-là en mémoire : depuis toujours,
c’est celle de son anniversaire.

À quelques jours d’intervalle, l’actualité
belge ainsi aura mis en confrontation, sinon
en parallèle, deux démissions fracassantes.

Le 14 mai, depuis son centre de Limelette,
Justine Henin annonçait dans une conférence
de presse mémorable qu’elle mettait
fin à sa remarquable carrière tennistique.

Le 4 juin, le cardinal Godfried Danneels prendra
sa plus belle plume pour écrire à son
« patron », Benoît XVI, lui annonçant qu’il
fête ce jour ses 75 printemps et est donc amené à lui présenter sa démission.

Au-delà de la proximité de dates, les deux événements paraissent bien dissemblables.
Quel rapport y a-t-il entre une joueuse de tennis au faîte de sa
gloire qui tire sa révérence avant qu’il ne soit trop tard et un serviteur de
Dieu forcé de demander d’être libéré de sa charge pour cause d’atteinte de
la limite d’âge ? Aucun, n’est-ce pas.

Pas si sûr.

Justine et Godfried (qu’il me pardonne cette familiarité déplacée) incarnent
d’abord tous deux la Belgique. L’une a fait vibrer les couleurs nationales et,
depuis le retrait de Kim Clijsters, a même fini par se voir auréolée de sympathie
en Flandre comme en Wallonie. L’autre, quoique flamand, a toujours
réussi à maintenir l’Église de Belgique au milieu de village.

Avec le temps, Justine avait su se défaire de son image trop froide et distante
pour se rapprocher de ses supporters. La rondeur du cardinal Danneels lui a
permis d’être à l’écoute de tous les bords, tout en conservant par devers lui
un esprit critique, voire parfois un peu persifleur, qu’il ne révélait qu’à ses
proches.

Mais, surtout, l’un et l’autre auront plus que rempli le contrat qui leur avait
été confié. Avant qu’elle ne meure, Justine avait promis à sa mère qu’elle
serait un jour fière de sa fille. Depuis, elle n’a cessé de lui dédier ses victoires.
Par ailleurs, la Belgique n’a jamais eu à rougir du cardinal Danneels, que du
contraire. Il a réussi à protéger l’Église du pays de bon nombre des « mauvais
coups » que des conspirateurs cachés dans les couloirs auraient bien voulu lui
asséner, ou asséner à certaines de ses composantes.

Enfin, Justine et le cardinal entament tous deux ces jours-ci une nouvelle vie.
Et, après des années de surmenage, aspirent à au moins un peu de repos.
Et si, ensuite, Godfried Danneels décidait d’entretenir sa forme en se mettant
au tennis, tandis que Justine sentait pousser en elle une vocation religieuse ?

À l’orée de l’été et des vacances, ce seraient là de beaux projets d’avenir…

Bonnes vacances pour ceux d’entre vous qui auront la chance de pouvoir s’en
offrir. Et une pensée pour tous ceux qui, cette année, ne partiront pas.

L’appel espère tous vous retrouver à la rentrée.

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Mot(s)-clé(s) : L’édito
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