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EDITO

SEMENCES D’OPTIMISME

L’été a été beau. La vie « normale » reprend son cours. On aimerait croire à l’arrivée d’un petit vent d’espoir capable d’éclaircir la grisaille d’un climat social, politique, économique et philosophique dans lequel nous avons l’impression d’être enfermés contre notre gré.

On dit en tout cas l’optimisme de retour. La fin de la crise est proche, annonce-t-on. Déjà, les bénéfices reviennent et les banques se portent au mieux. À peine croyable alors que, il y a moins d’un an, on proclamait le monde au bord de la banqueroute.

À défaut d’être ressentie au quotidien par tout le monde, la crise a en tout cas bien noirci les esprits et plombé le climat. Comme si, d’un coup, tout avait changé « à cause de la crise ». À ce jeu de la dramatisation forcée, les médias n’ont pas été les moins forts. C’est à la louche qu’ils ont déversé les relents de crise dans les chaumières. Pas simple, dans ces conditions, de garder intacte une petite flamme d’optimisme. D’autant qu’on ne sait plus qui croire ! Si les uns l’enterrent déjà, pour d’autres les effets les plus pervers de la crise ne sont pas encore survenus. Continuerons-nous donc à avoir peur, même si, pour beaucoup, la crise n’a pas vraiment bouleversé les choses depuis un an ? Ou trouverons-nous le courage de percer la grisaille par un peu d’espoir ?

« Volonté de changement. » « Respect du choix de l’électeur. » « Préoccupations pour les vrais problèmes des vrais gens »… Dans le secteur politique aussi, on aimerait croire à l’arrivée d’un petit changement d’air.
Seul l’avenir dira si le nouvel équipage que prend en charge la Wallonie, Bruxelles et la Communauté Française sera plus près des préoccupations de la population que le précédent. Et arrivera à agir vraiment. Surtout que, parmi les nouveaux se retrouvent pas mal d’anciens, tant parmi les partis au pouvoir que parmi les responsables politiques. Néanmoins, ça vous a aujourd’hui un petit air de propre, comme si le plus dur avait été nettoyé.
Pourrait-on donc rêver à un printemps politique en automne ?

Quant au secteur philosophique et religieux, inspire-t-il davantage espoir ? Le voile islamique déchire toujours les consciences, comme nous l’évoquons dans ce numéro. À Rome, on ne semble pas vouloir aller vers grand chose de neuf. Même si on entend remettre de l’ordre du côté des Communautés nouvelles. Et chez nous, n’est-ce pas aussi d’ordre qu’il s’agit quand un curé, aimé de tous, est institutionnellement obligé de quitter sa cure pour aller « professer » ailleurs ?

Bien sûr, il y a des signes plus positifs, par exemple du côté de l’accueil religieux des divorcés-remariés. Mais ces indices-là se passent plutôt dans l’ombre. Cette ombre qui marquera l’arrivée de l’automne, après les chauds soleils de l’été.
Tiens, en ces temps perturbés, ne serait-ce pas désormais dans l’ombre que croîtraient au mieux les semences d’optimisme, dans la discrétion des situations vécues et des espoirs partagés ?

Frédéric ANTOINE

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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