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EDITO

De l’exil aux fêtes

L’obligation de quitter la Belgique et la « période de traitement spirituel et psychologique » auxquelles a été soumis dernièrement l’ancien évêque de Bruges pose question. D’autant que ces décisions de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi on été communiquées à point nommé après que le plus grand quotidien flamand, Het Laatste Nieuws, eût révélé que l’ancien évêque avait jusque là trouvé refuge… à la nonciature apostolique de Bruxelles. C’est-à-dire à l’ambassade du Vatican, là où le pape réside quand il met le pied sur le sol belge.
Peut-on aisément comprendre que les autorités religieuses aient, jusqu’à tout récemment, hébergé dans un des lieux les plus symboliques de l’Église-institution celui que ces mêmes autorités avaient, hier, forcé à démissionner ?
De même, on peut s’interroger sur la portée des décisions prises : « quitter la Belgique » n’est en effet pas une condamnation à l’exil, que nulle part on ne pratique plus, et permet de résider où l’on veut en dehors du territoire national, en y exerçant l’activité que l’on désire. Quant au « traitement spirituel et psychologique », il a pour le commun des mortels le terrible de défaut de rester cruellement vague. Son imprécision, propre au langage ecclésial, permet toutes les interprétations et empêche une bonne compréhension…
Décidément, quand il s’agit de l’Église-institution, dans certains dossiers, les choses ont bien du mal à être dites et arrêtées de manière claire… Ce qui ne risque pas d’encourager le Peuple de Dieu qui est en Belgique à relever la tête pour affirmer fièrement son appartenance au groupe des disciples du Christ. Il est parfois bien dur de se dire ici « chrétien » ces derniers temps.
Aujourd’hui, nous avons tous besoin d’attitudes claires et de prises de paroles compréhensibles par tous. Mais il nous faut aussi des espoirs. Des promesses d’ouvertures. Des annonces de lendemains prometteurs.
Mai est le mois des fêtes. Certaines fêtes commémorent un passé. D’autres actualisent un moment marquant d’une vie. D’autres encore ouvrent des portes sur l’avenir. Fêtons donc en mai. Le travail, les mamans, les communions, les confirmations… Fêtons. Pour aller vers le meilleur.

Frédéric ANTOINE

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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