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ÉRIC-EMMANUEL SCHMITT : « J’habite l’ignorance avec confiance »

Dans son dernier livre, La nuit de feu, l’écrivain Éric-Emmanuel Schmitt raconte comment il a rencontré Dieu. Perdu dans le désert du Sahara, il s’enterre dans le sable pour se protéger du froid, et plutôt que la peur, la confiance le saisit. Dieu le rejoint en plein cœur et lui apprend que tout est justifié, tout a un sens.

— À 28 ans, vous êtes professeur de philosophie et promis à une brillante carrière, mais vous dites que l’enfant créatif et créateur qui est en vous ne s’y retrouve pas, que vos études vous avaient déformé autant que formé.
— En fait, mon désir de philosophie outrepassait ce que pouvait me donner la philosophie. Avec une certaine naïveté, j’avais cru que la réflexion philosophique allait me donner accès à la vérité une et définitive. Et plus j’avançais dans mes études, plus je me rendais compte que les philosophies ne sont que des propositions de vérités, des hypothèses qui nous permettent de décrypter le réel, mais aucune ne peut prétendre atteindre la vérité une et définitive. J’étais donc devenu encore plus philosophe que je ne l’étais en voulant faire de la philosophie, j’avais fait le deuil de la vérité, grâce et pendant mes études de philosophie. Je me retrouvais habité par plus de questions que de réponses, et en quête de sens. Aujourd’hui, je suis toujours habité par les mêmes questions, mais je vis l’absence de réponse avec une confiance absolue.
La condition humaine reste pour moi mystérieuse, mais j’ai confiance dans le mystère, j’ai la foi. La foi n’est pas un savoir, mais le sentiment de l’existence du sens, même quand le sens m’échappe. Tout a radicalement changé : je ne sais rien de plus mais j’habite l’ignorance avec confiance.

— Au désert, avez-vous trouvé votre vrai visage ?
— Plus que cela ! J’ai 28 ans quand je vais dans le Sahara et je suis très centré sur moi-même. Je me disais que j’allais profiter de ces dix jours pour réfléchir à ce que devait être ma vie, pour voir si j’allais suivre ou non ce chemin qui s’ouvrait devant moi et qui était la conséquence de mes études. Est-ce que ce chemin est ma vie ou la vie d’un autre ? Je rentre dans le désert avec la volonté de faire une vraie retraite pour réfléchir sur moi-même. Je suis très autocentré à cette époque-là et dans une volonté de maîtrise et de domination de mes pensées, de mes sentiments et de mes émotions. Le désert m’a apporté la perte, le dénuement, le danger et l’ouverture. Il fallait que je me quitte, que je me perde, que je perde ma trace pour qu’enfin quelque chose arrive. Et donc ce n’est pas mon vrai visage que j’ai découvert, mais celui de Dieu. Évidemment après cette rencontre, j’ai cessé de penser que j’étais le centre de tout. Ce fut un allègement fondamental.

— À vous lire, on a l’impression que vous pressentez cette nuit de feu depuis votre arrivée à Tamanrasset.
— Une partie de moi-même, qui affleure à peine à ma conscience, savait qu’elle avait un grand rendez-vous. Rien à voir avec une projection rétrospective : je sentais vraiment un appel tout au fond de moi. Ce moment de folie que j’ai, lorsque je quitte le groupe pour redescendre tout seul du mont Tahal, et que je trace, sans jamais vérifier que mes compagnons de voyage me suivent, ni que je suis sur le bon chemin, fait partie de ce pressentiment. Je me rends à ce rendez-vous. Ce n’est pas volontaire, c’est à peine conscient.

— Pourquoi publier ce livre aujourd’hui ?
— À cause du bruit dans le monde, pour mettre un peu de silence dans ce vacarme. D’un côté le vacarme des fanatiques et de l’autre le sarcasme des pseudo-intellectuels. Le vacarme des fanatiques, c’est le bruit insupportable de ces gens qui, prétendument au nom de la foi et de Dieu, volent, violent, tuent, asservissent. Je suis choqué et, comme croyant, je suis humilié par leurs revendications. La foi, au contraire du vacarme et de la guerre, est le silence intérieur et le sentiment profond de l’harmonie. La foi ne vous jette pas avec haine contre les autres, elle vous pousse à porter attention aux autres, à les respecter voire, si l’on est chrétien, à les aimer. Cette préemption de la foi et de Dieu par les fanatiques m’est intolérable, comme à tous les croyants. C’est cela qui m’a poussé à écrire ce livre, pour mettre un peu de silence dans ce vacarme.
Et puis il y a le sarcasme des pseudo-intellectuels qui pensent que croire est archaïque, qui pensent que le salut du monde est l’athéisme, que le progrès, c’est se débarrasser de toutes les religions.
En fait, nous sommes pris entre deux feux, celui de ceux qui voudraient que nous soyons tous salafistes, et celui de ceux qui voudraient que nous soyons tous athées. Laissez-nous tranquilles, libres d’avoir la vie intérieure que l’on veut, athée, croyante, indifférente, teintée de telle religion ou de telle autre. La solution pour qu’on vive ensemble, ce n’est pas qu’on pense tous la même chose, c’est qu’on puisse respecter la singularité de chacun. Ce bruit infernal qui couvre le monde actuellement et qui explose dans les actualités, dans le débat intellectuel, m’a poussé à raconter, honnêtement et d’une plume qui est singulière, qui est la mienne, avec un langage d’aujourd’hui, ce qu’est un chemin de vie qui conduit de l’athéisme à la croyance.

— Après cette nuit de feu, il y aura une autre nuit au cours de laquelle vous lisez les Évangiles.
— Quelques années plus tard, en effet, je lis les quatre évangiles à la suite. J’en suis bouleversé parce que je ressens quelque chose en plus que lors de ma nuit au Sahara : la notion d’amour. Ma nuit au Sahara, c’était la perception de Dieu, du sens. La lecture des évangiles m’apporte autre chose, cette mise en avant absolue de l’amour. C’est de la dynamite, cette idée qu’il faut remplacer la crainte ou l’intérêt entre les hommes par l’amour. Une idée folle, magnifique, généreuse, une révolution. À partir de là, je me passionne pour Jésus et je me mets à lire autant de livres anti chrétiens que de livres chrétiens. Je me mets à travailler l’histoire du christianisme, même des traités de médecine, pour comprendre ce qu’est une crucifixion, comment l’on meurt, etc. Je reste un intellectuel et un philosophe qui cherche à se faire une opinion à travers des tas de documents, de réflexions, de critiques. Et au bout de quelques années, je me suis rendu compte que j’étais devenu chrétien.
Une chose m’avait frappé à la lecture des quatre évangiles : ils ne sont pas semblables, ils ne racontent pas exactement la même chose. Cela m’est apparu comme un gage de vérité et d’authenticité. Dans un procès, les faux témoins sont toujours d’accord. Il y avait une telle relativité dans le récit que ça l’ancrait véritablement dans une réalité vécue. Ces textes attestaient au minimum l’historicité du Christ.
Mais je ne voudrais pas qu’on dise que la vérité de ma nuit au désert était le christianisme, pas du tout, c’est quelque chose en plus. Le Dieu que j’ai rencontré au désert ne s’est pas nommé, de toute façon Dieu ne se nomme jamais, et ce n’était le Dieu d’aucune religion ou alors de toutes. Il ne s’est pas défini comme étant celui d’Abraham, de Jésus ou de Mahomet. Il est celui qui est derrière tout cela. Cette expérience au désert était spirituelle, pas religieuse.

— Comment lisez-vous les Évangiles ? Comme la parole de Dieu aux hommes ou la parole de quelques hommes sur Dieu.
— Comme la parole de quelques hommes sur Dieu. La religion nous condamne à l’intelligence, ce qu’on a oublié pendant des siècles sous prétexte d’obéissance, de conformisme et de ciment social. Je ne suis pas du tout d’accord avec cette façon-là d’appréhender la religion. Le christianisme, par exemple, se base sur plusieurs textes qui sont dissemblables. Il nous appelle donc à la réflexion, à l’intelligence, à construire notre foi à partir de ce texte qui raconte la venue du Christ sur terre. Appartenir à une religion, ce n’est pas se dispenser de réfléchir, au contraire, on n’entre dans une religion qu’en réfléchissant. Je suis absolument contre toutes les théories de l’obéissance. Pour moi, le christianisme est une religion forte parce qu’elle sollicite l’intelligence.

— Comment peut-on concilier foi et raison ?
— Pour moi, il n’y a pas à les concilier, elles marchent côte à côte. J’aborde ce sujet dans l’épilogue du livre. À la question « Est-ce que Dieu existe ? », je réponds : « Je ne sais pas, mais je crois que oui. » Ma raison dit : « Je ne sais pas », et ma foi ajoute : « Je crois que oui ». Il est très important que les deux soient parallèles. Au niveau de la raison, je ne sais pas, parce que je ne trouve pas Dieu au prix d’un raisonnement mathématique. Dans le livre, Ségolène me dit qu’il y a des preuves de l’existence de Dieu en philosophie, mais ce ne sont pas des preuves, ce sont des arguments en faveur de son existence.
On est libre de croire ou de ne pas croire parce qu’aucun raisonnement ne nous y condamne. De même, il y a des arguments en défaveur de Dieu. Mais que ce soit en faveur ou en défaveur de Dieu, aucun n’est vraiment décisif. Cela ne se règle donc pas dans le champ de la raison. On ne croit pas en Dieu comme on sait que deux et deux font quatre. C’est bien pour cela que l’on parle de croire d’ailleurs. Dieu ne se trouve pas non plus dans le champ de la science, sous la lentille d’un microscope ou d’un télescope. Honnêtement, tout homme doit dire : « Je ne sais pas », et le croyant le premier. L’athée dira : « Je ne sais pas, mais je crois que non », et l’indifférent : « je ne sais pas et je m’en fous. » L’imposture commence quand on dit : « Je sais que Dieu existe et il m’a demandé de faire cela » ou « Je sais que Dieu n’existe pas. » On est alors dans l’intégrisme religieux ou athée. Dans les deux cas, cela conduit à la violence, parce que l’intégrisme et le fanatisme sont des surcompensations du doute. L’intégrisme athée peut donner naissance à des idéologies politiques comme le stalinisme ou l’hitlérisme. Pour illustrer l’intégrisme religieux, on en a des exemples dans toute l’histoire et actuellement, on a Daech. Derrière tout cela, il y a une confusion entre croire et savoir. Les deux sont parallèles.
Dans le champ de la raison, je vous dirai que je ne sais pas, que Dieu est douteux. Mais dans le champ de la foi, je n’ai pas une seconde de doute.
Ma foi respire, elle a des inspirations et des expirations, elle a des états hauts et des états bas, mais elle ne cesse jamais. Comme le disait Pascal, il ne faut confondre ce qui est de l’ordre de la raison et ce qui est de l’ordre de la charité. L’homme, croyant ou non, est toujours sur ces deux registres.

— Quel type de relation entretenez-vous avec ce Dieu rencontré au désert ?
— Je prie et je me ressource régulièrement dans les évangiles. Dans ma pratique spirituelle, la musique me renvoie à l’essentiel et me met parfois dans un sentiment d’adoration. Par contre, je ne suis pas du tout un homme de culte ou de rites. Je n’ai aucune condamnation ni mépris bien entendu pour ceux qui sont dans le culte ou dans le rite, parce qu’une partie de moi comprend très bien ce dont il s’agit. Mais pour l’instant, là où j’en suis de ma vie spirituelle, je ne participe pas.

— Les dogmes vous semblent-ils utiles ?
— Je crois beaucoup à la thèse de Bergson qui nous dit que le moment mystique est au centre et à l’origine de toutes les religions. Il l’appelle le cœur de feu. Et les religions, les institutions sont le refroidissement de ce feu. Il faut donner une langue, une structure à cette expérience mystique qui est celle de l’Éternel : voilà le dogme. Je pense qu’il est nécessaire tout en songeant qu’il est aussi une déperdition.

— Qui est Jésus pour vous ?
— J’ai raconté cela dans L’évangile selon Pilate. Jésus est un homme qui trouve l’infini en lui et qui fait le pari de l’infini jusqu’à devenir Dieu. J’assume toutes les ambiguïtés de ce que je dis.

— Un maître de sagesse aussi ?
— Au minimum ! Mais beaucoup plus que cela. Spinoza l’appelait le philosophe suprême. Il est évident que n’importe quel homme, croyant ou non, reconnaîtra en Jésus une figure de sage et une figure hautement spirituelle. De même qu’aujourd’hui croyants et non-croyants sont impressionnés par la stature du pape François. Il est une inspiration pour ceux qui croient comme pour ceux qui ne croient pas. Il atteint l’universel par le cœur. Pour moi, Jésus est vraiment le Fils de Dieu.

— Quel regard portez-vous sur l’Église ?
— Ma réponse varie en fonction du pape qui est à sa tête. L’histoire de l’Église est celle d’une institution humaine qui se dit toujours inspirée par l’Éternel. Une institution avant tout humaine et selon la grandeur de la personne qui dirige l’Église, elle peut être magnifique ou tragique. En ce moment, nous vivons un bon moment de l’Église. Enfin un pape qui décide de s’appeler François ! Je dois vous avouer que parmi toutes les figures du christianisme, François d’Assise est une figure de respiration et d’inspiration perpétuelle. Enfin un pape qui revient à l’esprit des Évangiles, et un pape qui éclaire ! Il éclaire le monde matérialiste avec une lumière qui n’est pas matérialiste. Je pense que François est vraiment une grande chance pour la spiritualité et pour le christianisme. Mais encore une fois, ça n’a pas toujours été le cas. Je ne suis pas papiste, mais je dis « oui » au pape s’il est une grande figure spirituelle.

— Comment abordez-vous le mystère de la mort ?
— La pire des choses qui pourrait arriver à la question « Qu’est-ce que la mort ? » est une réponse. La mort est une inconnue pour nous tous et je me méfie de tout discours et surtout de tout prétendu savoir sur la mort. Je vais regarder celui qui me dira que la mort est le néant avec autant de suspicion que celui qui me dira à quoi ressemble l’au-delà. Pour moi, dans les deux cas, c’est une projection de l’imagination qui se prétend un savoir. Je ne sais absolument rien de la mort. Mais avoir la foi me permet d’avoir confiance dans l’inconnu. Et donc la mort est pour moi forcément une bonne surprise.

— Vous écrivez : « Dieu n’est pas celui qui sauve, mais celui qui propose aux hommes de penser à leur salut. » Que voulez-vous dire ?
— On voit très bien que, dans la vie quotidienne, des gens appellent Dieu pour arranger leurs petites affaires quand ils se sentent en danger. Mais selon moi, Dieu est là pour nous permettre d’éclairer notre vie, pour savoir quoi en faire et comment la diriger. En cela, Dieu nous propose de penser à notre salut.

— Vous êtes romancier, cinéaste, comédien, vous venez aussi de publier une bande-dessinée, Les aventures de Poussin 1er. Seriez-vous finalement un touche-à-tout ?
— Je n’aime pas du tout cette expression. Je suis touché par tout, pas un touche-à-tout. Mais parmi mes différentes activités, c’est dans l’écriture que je prends le plus de plaisir. C’est le fil continu de ma vie. Elle me conduit parfois à monter sur scène, à faire un film. En tant que créateur, j’obéis au sujet, je suis un scribe. Le sujet commande. Un personnage ou une histoire m’indiquent que je dois écrire un roman, une nouvelle, un conte, un film, une bande dessinée, parce qu’il y a une forme adéquate pour chaque idée. Et moi, je me mets au service de l’idée, du personnage ou de la situation. J’ai donc été obligé de m’inventer romancier, dramaturge, cinéaste ou scénariste de bande-dessinée pour obéir. Il n’y a pas de volonté chez moi de dire : regardez, je sais tout faire. D’abord je n’en sais rien, mais en plus je n’ai même pas le désir de tout faire. Je suis simplement entièrement dévoué aux actions de mon imagination et je mets en branle tous les moyens pour répondre aux dictats de mon imagination.

— Il vous arrive presque quotidiennement de réagir à l’actualité sur Facebook. Qu’est-ce qui vous fait réagir en ce moment ?
— Face aux attentats, comme tout le monde, j’essaie de puiser dans mes ressources intérieures pour arriver à échapper au désespoir, à la prostration, au découragement. Les premiers jours après les attentats, on réagit facilement, on réaffirme ses valeurs. Mais quand on voit qu’elles sont continuellement minées, bousillées, attaquées… Il faut alors se ressourcer pour trouver la force de vivre et de lutter.
En ce moment, devant la déshumanisation de certains êtres, je suis effaré. Comment peut-on quitter l’humanité au point de s’en exclure et de décider que la vie de quelqu’un n’a aucune importance, que même sa propre vie peut s’envoler comme cela. Au prix de quel lavage de cerveau, peut-on à ce point déserter l’humanité ? Cet exil-là est quelque chose de vertigineux pour moi. Les salafistes recrutent leurs soldats chez des êtres totalement incultes sur le plan religieux. S’ils avaient une bonne culture de l’islam, ils ne tomberaient pas dans ce piège. Ils choisissent des ignorants, leur donnent une illusion de savoir et puis se servent de leur fragilité, comme tous les marchands de sectes, pour les conditionner et les emmener vers la mort des autres et leur propre mort.
Cette distinction entre croire et savoir est importante. Il est important de savoir ce qu’est la religion à laquelle on se réfère. Et ce n’est pas parce que la religion n’est pas un savoir de type scientifique ou relationnel, qu’il n’y a pas de savoir religieux. Il faut vraiment bien articuler les idées. Là, on va entretenir chez ces êtres jeunes et fragiles toutes les ambiguïtés pour leur faire croire qu’ils sont non seulement du côté du bien, mais aussi du côté du vrai. Et tous les amalgames sont bons pour les conduire à la mort et à la mort des autres. C’est pour cela que notre travail à nous intellectuels, romancier, commentateurs ou journalistes, c’est de toujours bien articuler les concepts. Ce n’est pas seulement une hygiène intellectuelle, c’est aussi, à l’arrivée, une hygiène sociale et politique.

— « Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s’émerveiller qui manquent, mais les émerveillés », écrivez-vous. Qu’est-ce qui vous émerveille aujourd’hui ?
— J’ai une règle : vivre chaque jour comme si c’était la première fois. Tolstoï avait dit exactement l’inverse : vivre chaque jour comme si c’était la dernière fois.
Je ne vis pas dans le crépuscule constant, mais dans l’aurore permanente. Il faut lutter contre l’illusion de connaître, contre le sentiment de fatigue, contre l’impression de répétition. Il faut cultiver la fraîcheur, l’ouverture, la naïveté, bref, l’admiration, l’émerveillement.
Il faut cultiver sa joie plutôt que sa tristesse. Être triste, c’est penser à tout ce qu’on n’a pas, à tout ce qui nous manque. La joie nous rend heureux d’exister et nous permet de nous contenter de ce qu’on a. On peut vivre exactement la même vie sous l’angle du vide ou du plein. Vue sous l’angle du vide, elle sera tragique, morose, désespérée. Mais sous l’angle de la joie, la même vie sera intense, pleine. Donc cultivons la joie plutôt que la tristesse.

Propos recueillis par Jean BAUWIN

La nuit de feu, Paris, Albin Michel, 2015. Prix : 17,95€-10%=16,16€

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