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Edito

Successions et successeurs.

Mercredi 13 mars 2013, il y aura bientôt deux ans. Il est peu après 20h. Le 266e pape de l’Église catholique apparaît à la loggia de la basilique Saint- Pierre de Rome. La nuit est tombée sur la ville juste avant que la fumée blanche eût annoncé l’élection du nouveau pape. La première rencontre entre François et les catholiques se déroule donc dans l’intimité de l’obscurité et la douceur de l’éclairage du plus beau parvis du monde.
Son ton étonne, ainsi que sa bonhomie. Il ne faudra pas longtemps pour que se révèlent d’autres caractéristiques de la personnalité de ce personnage peu ordinaire, diamétralement opposé sur la forme, mais aussi sur l’approche de la réalité humaine, à son prédécesseur Benoît XVI.
Depuis lors, François ne ménage pas ses efforts pour mettre davantage l’Église catholique au diapason du monde qui l’entoure, n’hésitant pas à affronter ces puissances à l’œuvre dans l’institution qui avaient réussi à venir à bout du pape précédent. François n’y va pas de main morte. Tant et si bien qu’on peut même se demander, comme nous le faisons dans ce numéro, s’il n’est parfois pas trop bavard...
Le cardinal Danneels, qui avait été si déçu de l’élection de Joseph Ratzinger, n’avait par contre pas caché sa joie lors du choix de son successeur... Et ce d’autant que c’était lui, Godfried Danneels, qui avait pris part à ce vote historique et non son remplaçant à l’archevêché de Malines-Bruxelles, dont on peut imaginer que les choix eussent été fort différents.
On n’a donc pas vraiment été étonné, au début de cette année, qu’une biographie du nouveau pape révèle qu’il devait son élection à l’action de cinq membres influents du conclave, dont Mgr Danneels, ceux-ci ayant mené un lobbying intense en faveur du choix de Jorge Bergoglio.
Le 6 mai prochain, l’actuel archevêque de Malines-Bruxelles, qui n’a pas à ce jour été élevé au rang de cardinal, aura 75 ans, et devra donc présenter sa démission au pape. Dans la même situation, Mgr Danneels était encore resté deux ans en fonction avant d’apprendre l’identité de son successeur, choisi par Benoît XVI. Selon ce qu’a dit l’archevêque actuel sur des plateaux de télévision, il ne souhaite pas se retrouver dans une configuration identique, et préférerait être remplacé rapidement, le choix incombant cette fois au pape François.
On dit l’évêque d’Anvers Mgr Bonny en bonne place pour prendre le relais. Ses récentes déclarations sur les questions de morale familiale, subtilement uniquement confiées au quotidien flamand progressiste De Morgen, semblent indiquer que, s’il est choisi, son ordre de mission ne sera pas identique à celui de son prédécesseur. À condition que cette fois les augures ne se trompent pas. Car lors de la désignation de l’archevêque actuel, qui imaginait que serait choisi celui qui était alors évêque de Namur...

Frédéric Antoine

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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