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Edito

Au nom de l’esprit.
Non, cet éditorial n’évoquera pas l’élection américaine. Même si son résultat peut inspirer craintes et incertitudes, malgré le fait qu’il soit davantage dû à la nature d’un système électoral qu’au comportement final des électeurs.

Les questions que cette élection inspirent méritent davantage de développement. Nous y reviendrons dans notre prochain numéro.

En cette période d’avant-Noël, intéressons-nous plutôt prosaïquement à cette scène rencontrée dans un grand centre de commerces d’outlets. Dans les rues, les airs de Noël créent l’ambiance. Sur la place cen- trale, une scène originale. Pas de crèche. Mais, en- tourée de sapins, l’effigie d’un grand cervidé blanc, surveillant tendrement deux petits daguets colorés d’or...

Respectant le pluralisme d’opinions et de croyances qui prévaut dans les sociétés occidentales, commerçants et autorités publiques hésitent à afficher des représentations trop explicites de l’événement qui justifie l’existence d’une fête à Noël. Dans ce centre d’outlets, on avait bien conscience qu’il fallait « concrétiser » la fête. Mais on avait préféré en décaler l’évocation, en la symbolisant par de doux animaux stylisés...

Si la scène de la Nativité occupe toujours la Grand- Place de Bruxelles et bien d’autres endroits publics de Belgique, la question a divisé la France. Le Conseil d’État vient d’y trancher le débat. Il autorise la présence de crèches dans les bâtiments et les lieux publics en raison des multiples significations qu’ont ces représentations de la naissance du Christ. « La crèche présente un caractère religieux, concède la haute juridiction française, mais elle est aussi un élément des décorations et illustrations qui accompagnent traditionnellement les fêtes de fin d’année, sans signification religieuse particulière. »

Au-delà des arguties juridico-légales, ne serait-il pas plus simple de reconnaître que, quelles que soient les convictions (ou leur absence), la crèche illustre simplement l’esprit de Noël ?

Un esprit largement partagé, auquel tout le monde se réfère, mais que l’on explicite rarement.

Un esprit associé aux idées de paix, d’accueil, de partage et d’humanité que représentent, notamment, les cadeaux offerts et les repas pris ensemble.

Partout où l’on célèbre Noël, on s’entend pour évoquer, et parfois pratiquer, ce que recommande l’esprit de Noël. Des recommandations qui ne sont rien d’autres que les éléments fondamentaux du message chrétien.

Quelle qu’en soit la forme, Noël représente l’universalité du message porté par Jésus.

Ne gardons donc pas uniquement la lettre de la fête, en considérant parfois qu’« on nous a volé Noël ». Préférons-en l’esprit. Car sa spiritualité est partagée par tous.

Bonne préparation de Noël !

Frédéric ANTOINE

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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