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Edito

LES BIENVEILLANTS DE NOËL.
Attentats mortels. Saccages et violences à l’issue de matches de foot. Meurtres d’enfants en bas-âge à cause d’un con it conjugal. Tueries de masse pour se venger d’une belle-famille. Suicides suite à des facebook bashing. Meurtre après tortures d’un jeune handicapé, d’homosexuels ou de réfugiés. Viols...

L’actualité n’est plus seulement faite de la répétition d’actes de violence. Désormais, c’est la Haine, avec une majuscule, qui semble avoir envahi le monde. Et pas seulement « là-bas, très loin », de l’autre côté de la planète, dans des pays si différents de « chez nous » où ces actes ne mériteraient qu’une émotion passagère, le temps d’une séquence Youtube ou d’un tweet en ligne.

Aujourd’hui, ces agressions se passent ici. Les exactions en tous genres, plus horribles les unes que les autres, paraissent entrées dans la catégorie du banal. Comme s’il était devenu légitime d’assouvir par une sou rance portée sur l’autre les ressentiments croupissant au fond de soi. Comme si s’en prendre à un semblable était entré dans la normalité, au nom de l’impérieuse nécessité qu’éprouvent certains de nos congénères d’ainsi se sentir vivre et respectés.

Autant d’horreurs ne cessent de contribuer à l’avènement d’un monde toujours plus déshumanisé. Une terre où l’être humain, surtout s’il appartient aux catégories les plus faibles, n’est plus qu’un instrument. Un objet avec lequel on joue, à l’instar de la souris tombée dans des griffes d’un chat qui n’entendrait pas la croquer, mais d’abord la faire souffrir, par plaisir.

Et puis, au même moment, voilà que des anonymes lancent une collecte de fonds destinée à financer une douche pour des réfugiés. Les collègues d’une maman dont la fillette est introuvable depuis des semaines se mobilisent pour l’aider à ne pas perdre son travail. Trois cents Belges se relaient chaque nuit pour héberger des migrants. Et ce ne sont là que quelques exemples récents...

Non, tout n’est pas noir. Tous les humains n’ont pas la Haine. Mieux : dans un univers aussi déboussolé, ils sont de plus en plus nombreux à rêver de l’inverse. Et à chercher à le mettre en œuvre.

Un mot, petit à petit, fait son chemin : la bienveillance. « Une
affection qui vous porte à désirer le bonheur de votre prochain
 », écrivait avec justesse Francis Hutcheson, philosophe moraliste irlandais du XVIIIe siècle pour qui la bienveillance était « le motif immédiat des actions vertueuses ».

Y a-t-il plus beau programme de vie que celui d’en- tendre contribuer au bonheur des autres ?

Et Noël n’est-il pas le meilleur moment pour s’en rap- peler ? Ces jours-là, de Marie aux rois mages en pas- sant par Joseph, les bergers ou les anges, les récits de l’Évangile ne sont peuplés que de personnages bienveillants les uns pour les autres. Inspirons-nous en : pratiquons, nous aussi, la bienveillance de Noël.

Joyeuses fêtes !

Frédéric ANTOINE

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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