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Et les dragons dans tout ça ?

Tous les dimanches en radio, Jean-Pol Hecq aborde des questions sérieuses : politique, philosophie, histoire, religion... Depuis dix ans, avec le goût de la curiosité et de la tolérance, Et dieu dans tout ça ? avance sans tabou.
Aujourd’hui, le journaliste se fait romancier.

« Je suis un petit artisan. Comme un ébéniste qui scie sa planche de bois, la rabote et la teinte. Mon métier je le fais en souplesse. La radio permet d’aller dans le détail. En télé, il y a plus de pressions en tous genres. Quand j’ai commencé, il y a trente ans, l’époque était encore aux interviews d’une heure ! Aujourd’hui, cela a bien changé : plus court, plus vite, plus people... »
Passé par l’INSAS, entré à la RTB pour un stage, Jean-Pol Hecq n’a plus quitté la radio publique. Ses premiers pas, il les fait dans la foulée de Michèle Cédric dans Rencontre, une émission culte... « Ce fut un apprentissage, une découverte. Encore aujourd’hui, je vis l’interview comme une relation intense, un ping-pong relationnel. Il faut entrer en synergie, en résonnance avec son invité. » Sa seule infidélité à la radio sera assez brève. Il collabore à Objectif Terre, une émission télévisée sur l’environnement produite par le centre de Charleroi.

L’AUTRE PARALLÈLE.

Puis, il revient vite vers la radio. Ce sera l’Autre Parallèle, sur Musique 3, « une émission impensable aujourd’hui, affirme-t-il. C’était un ovni radiophonique, une émission laboratoire au cœur des années septante. Nous essayions de couvrir toutes les façons de penser différentes de cette époque... » Ensuite, Jean-Pol Hecq change de décor. « Pendant dix ans, je suis devenu responsable des affaires internationales pour la radio. Passant de coproductions interna- tionales à la gestion plus technique. J’ai même remis en service les ondes courtes pour l’Afrique Centrale. À la fin des années nonante, avant l’avènement d’internet, les vieilles ondes analogiques étaient le meilleur moyen de toucher le public africain. Là-bas, chacun dispose de son petit transistor.  »
Mais le vrai métier, celui de journaliste de terrain, le reprend. En septembre 2005, il crée Et dieu dans tout ça ? en réponse à Jean- Pierre Hautier qui lui avait demandé une idée d’émission pour le week-end. Avec la volonté de creuser la question du fait religieux, son émission garde une audience en hausse. « J’essaie de ne pas enfermer mes invités dans des tiroirs trop étanches, mais suffisamment ouverts. Avec le désarroi actuel, il me semble que les gens sont plus curieux.  »

GEORGES ET LES DRAGONS.

Avant l’été, Jean-Pol Hecq sort aussi un roman. « C’est mon premier... je l’ai rédigé, j’ai ensuite cherché un éditeur. Et voilà ! » Tout simplement. Entre la radio et l’écriture, il aime jongler sur deux uni- vers. « Entre journaliste et romancier, la différence est grande. Dans un roman, on peut inventer, triturer la réalité. Mon livre raconte l’histoire de Maximilien Jelgersma, un journaliste néerlandais qui débarque à Mons au cours de l’été 1927. À côté de son travail de reportage, on comprend que Max veut retrouver un de ses cousins, prénommé Georges, disparu pendant la guerre 14-18.  » Dans le souvenir de la fameuse bataille de Mons d’août 14 entre Britanniques et Allemands, le roman tisse des liens entre le patron de la Ville de Mons et celui des Britanniques : saint Georges. « La légende des anges de la bataille de Mons, qui auraient sauvé les militaires d’outre-Manche, sert de trame au récit. Entre la grande Histoire et cette légende, j’essaie de dire vraiment ce qui s’est passé. Le réalisme magique a rem- placé quelque chose de concret. Moi je tente de sortir de cette explication magique... »

Stephan GRAWEZ.

Jean-Pol HECQ, Georges et les Dragons, Éditions Luce Wil- quin, 2015, 176 pages. Prix : 17 € -10% = 15,30 €. En radio, émission Et dieu dans tout ça ? sur La Première-RTBF, tous les
dimanches à 11h.

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