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Monastères : les derniers moines ?

RESTERA-T-IL
encore des
moines d’ici
quelques
années à
Orval,
Chimay ou Rochefort ?
Ces lieux mondialement
célèbres pour la qualité
de leur bière – mais qui
recèlent bien d’autres
trésors – fermeront-ils
sous peu leurs portes,
faute de combattants ?
La question est posée, et
inquiète. Et pas
seulement les amateurs
de trappistes. Les moines
se font vieux. Ils
guettent une relève qui n’arrive qu’au compte-gouttes. Alors, que faire ?
Mettre la clé sous le paillasson, crier au désespoir ou estimer que tout est
fini ? Nous avons mené l’enquête. Et, paradoxalement, les abbayes sont loin
de livrer ce type de son de cloche. Elles tentent de s’insérer autrement dans
la vie et les attentes du monde. Et relativisent de manière incroyable ce qui
est en train de se passer. Chez les moines, on a fait des choix. En étant
réalistes.

Un autre choix nous est demandé ce mois-ci, au fond d’un isoloir. Lier les
élections communales et l’avenir des monastères peut paraître tiré par les
cheveux, c’est-à-dire juste digne d’un éditorialiste en mal de thème pour sa
copie. Mais, si l’on y réfléchit, le parallèle s’impose. Comme les monastères,
nous sommes à un tournant. Devant le bulletin de vote, nous pouvons avoir
une réaction d’abandon. Nous dire : « De toutes manières, c’est toujours les
mêmes. Ils sont toujours dans des affaires. Tous pourris, donc ». Et voter en
conséquence, par rage ou désespoir. Choisissant le pire par abandon,
comme dans une sorte de suicide démocratique. Ou l’on peut se dire que
tout n’est pas perdu, qu’il y a une immense majorité de femmes et
d’hommes politiques dévoués. À l’échelon local, il sont des milliers à se
donner à leur tâche, pour l’intérêt de la communauté. Ceux-là peuvent
faire avancer la vie des communes. Et bien davantage que celui qui joue sur
le clientélisme, se contentant d’utiliser ses réseaux de relations pour placer
la fille d’untel, faire accorder une promotion au cousin d’un autre ou
permettre à un troisième de construire là où c’est interdit. Car il n’y a pas
que les politiciens enferrés dans des « affaires » ni des femmes « potiches »
qu’on met sur les listes pour faire nombre. Il y a aussi ceux qui ont une
« certaine idée » de ce que c’est que faire de la politique.

Le choix est au fond de l’urne. Comme les moines, on peut décider de
surprendre. Plutôt que de se laisser dépérir au nom du temps qui passe.
C’est ainsi que l’on prend « voix au chapitre », expression qui vient du droit
des moines de participer aux débats organisés dans leur abbaye.

Mot(s)-clé(s) : L’édito - Politique
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