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Universités catholiques : le grand chambardement

SANS intérêt,
l’Église ? À en croire
les coups de projecteur
que les médias
viennent de porter sur
elle, on ne peut croire
que le contraire : « Une » d’un
news-magazine dit de qualité.
Scandale suite à une interview
publiée dans un hebdo de
programmes Tv… (1) Dans la petite
Belgique, on a parlé de l’Église à
tous les étages de la planètemédias
au cours du mois d’avril.
De l’Église, ou de certaines Églises ? En tout cas, en ce qui concerne les
articles qui ont fait le plus de bruit, de cette Église dont on dit qu’elle
pourrait disparaître parce que ses fidèles se raréfient. Et de cette (autre ou
même ?) Église qui réaffirme les dogmes et se plaît à répéter de quels bois
le Magistère se chauffe.

Ce sont ces Églises-là qu’aiment les médias.

Celle qui fait actualité parce qu’elle pourrait, disent-ils, un jour appartenir
au passé. Quelle plus belle information que la chronique d’une disparition
programmée ? On la croyait éternelle, forte et puissante ? Eh bien non, elle
est faible, fragile. Et s’interroge sur son avenir. L’Église de Rome peut faire
la Une quand elle a à sa tête un pape médiatique. Elle peut aussi faire les
grands titres quand on se penche sur son futur.

Il y a quelques mois, ne nous interrogions-nous pas aussi ici sur l’avenir… des
monastères en titrant « Abbayes : no future ? ». L’interpellation en a choqué
plus d’un. Pourtant, elle résume bien, dans le langage des médias, l’inter -
rogation qu’elle sous-tend. Car il s’agit d’une interrogation. Et le texte qui
suivait démontrait que ce futur, les monastères le préparaient prudemment.
L’autre Église qu’adorent les médias est celle qui parle haut et fort, de
manière carrée, sans ambages. Et qui aime à mettre les pieds dans le plat
dans les dossiers chauds du chapitre religion : ceux qui parlent de morale
personnelle et de sexualité. On regrette dans certains milieux religieux que
les médias réduisent trop souvent la parole de l’Église à des interventions
dans ces domaines. Mais les médias trouvent toujours à qui parler quand il
s’agit de soulever ces lièvres qui dérangent. À nouveau, la technique a
réussi. Mais dans quel but ? Et au profit de qui ?…

Sont-ce là les « vraies » Églises ? Celles qui montrent encore des
communautés vivantes. Celles où « il se passe » encore quelque chose ? Des
Églises où la vie passe avant le Magistère, et où l’on cherche d’abord à vivre
l’Évangile et non à ressasser des interdits. Des Églises où la parole de Dieu
libère au lieu d’enfermer.

Oui, l’institution s’effrite, comme nous le racontons encore dans ce numéro à
propos de la Flandre. Oui, elle a tendance à se replier sur elle-même, à se
raidir. Et à encourager les porte-voix de cette tendance. Mais l’Église n’est-elle
pas d’abord en chacun, là où on essaie chaque jour de vivre vaille que vaille
le message de l’Évangile ? Cette Église-là, bien sûr, n’est pas médiatique. Et
elle préfère le silence aux grands shows. Mais elle, elle est éternelle.

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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