Vous êtes ici: Archives / Numéros parus / N° 343

Edito

Petite lueur d’année

Cinq cent septante quatre euros. C’est, en moyenne, le budget que le Belge entend dépenser cette année pour les fêtes, selon un sondage mené par le cabinet d’audit Deloitte. Celui-ci souligne que, pour la première fois depuis cinq ans, cette somme est en hausse. À partir de 2007 en effet, année où le montant était de 624€, le budget « fêtes » des Belges n’avait cessé de baisser, crise oblige.

Mais décider de dépenser plus à Noël est-il une bonne nouvelle ? Pas vraiment. Selon Deloitte, ce sursaut budgétaire serait un peu comparable à la cigarette du condamné. Sachant que 2012 sera loin d’être rose, le Belge aurait choisi de (se) faire une dernière fois plaisir, avant l’austérité et les moments où il faudra se serrer la ceinture. Une dernière occasion de faire un cadeau un peu plus cher au petit, ou de réunir la famille avec un peu plus de faste.

Pas très drôle, donc, la perspective de l’année nouvelle. Et pourtant, même dans un cadre socio-économique difficile, ne peut-on trouver le moyen de colorer un peu les perspectives qui se présentent ? Pas à l’échelle macro-économique bien sûr, car personne n’a le pouvoir d’influer sur les oracles des nouveaux dieux que sont Moody’s et Standard & Poors. Et ce même si 2012 pourrait être l’occasion de s’interroger, une fois pour toutes, sur cette fameuse obsession ou ce mythe d’une croissance économique constante et éternelle, dont on mesure désormais tous les jours les limites.

Non, l’idée serait ici de colorer « son » année 2012. Chacun à son niveau. En scrutant d’ores et déjà les petites lueurs d’étoiles qui pourraient, pour les uns et les autres, faire un peu briller la nuit de l’année qui vient. Des petites poussières de lumière qui inciteraient tout le monde à se mettre en marche pour l’année et à suivre l’étoile avec confiance, comme les rois mages.

Pour les uns, cette marche à l’étoile pourrait être l’annonce d’une bonne nouvelle. Par exemple, la future naissance d’un fils, ou d’une petite-fille. Un plus de vie dans la famille. Pour d’autres, la promesse d’un moment à ne pas manquer : une rencontre prévue de longue date qui pourra se réaliser, un concert auquel on rêvait d’assister et pour lequel on a réussi à avoir des places en prévente. Pour d’autres encore, la prévision d’un moment exceptionnel, comme la première floraison de ce yucca qu’on a au jardin depuis vingt ans et qui n’avait jamais montré ses clochettes. Ou la mise en œuvre d’une « bonne résolution » de début d’année, comme lire toute l’œuvre d’un auteur que l’on aime, ou enfin mettre en pratique ce vieux rêve de trouver du temps pour partir se ressourcer quinze jours, hors du monde. Pour faire le point.

Suivre son étoile 2012, ce n’est pas renoncer au monde. C’est savoir se réjouir d’un moment à venir. Positiver son année. Sans pour autant se cacher la face devant les malheurs des autres.

Bonne année 2012 à vous, chères lectrices et chers lecteurs.

Frédéric ANTOINE

Mot(s)-clé(s) : L’édito
Partager cet article
Vous êtes ici: Archives / Numéros parus / N° 343