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Edito

L’esprit ouvert.

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Aux alentours de la Saint-Nicolas, le monde culturel flamand s’est érigé contre les intentions du gouvernement de Jan Jambon de réduire drastiquement les subventions aux institutions et initiatives culturelles qui ne choisiraient pas de valoriser la culture flamande. Ailleurs, dans tous ces pays du monde contrôlés par des régimes forts ou à connotations religieuses, un seul type d’expression culturelle est encouragé : celui qui magnifie les mêmes valeurs que le pouvoir en place. Non seulement en retirant le soutien des autorités aux autres modes d’expression culturelle, mais simplement en les interdisant. Et en pourchassant les artistes qui ne répondraient pas aux normes.

Les puissants ont toujours cherché à contrôler les arts, car c’est à travers eux que leur pouvoir peut le plus subtilement être remis en cause. Non à force d’arguments et de démonstrations, mais par l’évocation d’autres choses, des représentations décalées, des comparaisons peu flatteuses ou des métaphores qui, mine de rien, en révèlent souvent bien plus que de longues proclamations.

Dans notre société, le « cerveau droit », c’est-à-dire l’hémisphère où se trouve le centre de la créativité et de l’imaginaire, est bien plus valorisé que le « cerveau gauche », celui du raisonnement et de la pensée. La culture a donc aujourd’hui un rôle essentiel à jouer. Car elle contribue à montrer le monde, réel, imaginé ou espéré, sans devoir dire les choses de manière abstraite et l’expliquer noir sur blanc. Un livre, un tableau, une photo, un film, une sculpture, une émission de télévision, une chanson... « parlent » bien plus qu’un long discours.

Par les arts passent les émotions, les constats sur l’état du monde et des êtres, les critiques sur la société et le vivre ensemble. Mais aussi les idées neuves, les expressions moins conventionnelles, les pensées dérangeantes ou les regards plus minoritaires.

C’est pour toutes ces raisons que L’appel s’intéresse tant aux lieux de culture, et met autant que faire se peut en exergue ce qui semble porter du sens. Et a choisi de donner la parole à celles et ceux (et pour l’instant, en particulier à des femmes) qui s’expriment par des outils de culture. Dans une grande volonté de tolérance et de liberté.

Si l’on reproche aux autres leurs velléités de museler la culture, et si l’on cherche à être en phase avec les quêtes de sens qui animent nos contemporains, on doit aussi être ouvert aux expressions culturelles qui peuvent étonner, déranger, ou que l’on peut trouver incongrues. Chaque manifestation de l’art est porteuse d’un sens, d’un message. Celui-ci peut ne pas apparaître au premier regard. Il faut parfois prendre le temps d’aller au-delà de l’évidence et de la première impression pour comprendre ce que l’auteur a voulu exprimer.

Appréhender le monde sans a priori est le seul moyen de nous permettre de continuer à y vivre ensemble sans devoir nous réfugier dans nos bunkers ou nos tours d’ivoire. La liberté de manifester sa pensée, notamment par la culture, est essentielle à la réussite de cette ouverture qui, à
L’appel, nous paraît essentielle. Et que nous nous efforcerons de continuer à promouvoir tout au long de l’année qui commence.

Bonne année 2020.

Frédéric ANTOINE

Rédacteur en chef

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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