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Edito

Sensations de Noël.

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Fermons les yeux. Pensons un instant au mot “Noël”. Laissons notre esprit vagabonder, un peu comme si nous nous lancions dans un exercice d’autohypnose. Après quelques secondes, des souvenirs nous remontent à l’esprit sous forme d’images et de ressentis. Peut-être certains d’entre eux sont-ils inspirés par les clichés tout faits que le commerce et la publicité véhiculent à propos de cette fête. Mais, plus sûrement, ce sont plutôt des sensations, des flashs liés à des événements personnels, vécus à ce moment de l’année, que notre corps nous fait revenir à la mémoire.

Ces instants de chaleur qui marquent la préparation en famille de la fête : l’achat du sapin, sa décoration, l’installation de la crèche... Et ceux qui sont si caractéristiques de ce jour pas comme les autres : des retrouvailles, de bons petits plats cuisinés, des parents que l’on peut serrer dans ses bras, avec qui l’on partage un repas, on échange, on rit et on se souvient. Une chaleur à l’opposé de la froideur de l’air extérieur où, à défaut de neige, le vent pique les yeux, rougit les joues et fait couler les nez. Qui ne l’a ressenti en rue, lorsque l’on “fait ses courses” avant la fête, ou en se rendant à l’un de ces incontournables “marchés de Noël” où tout est bon à ingérer, sous forme liquide ou solide, pour lutter contre le froid. Des marchés où, comme dans les cuisines, les narines ne cessent d’être sollicitées par des odeurs indissociables à ce moment de l’année.

Noël est synonyme de senteurs, et pas seulement gustatives, comme la fraîcheur que répandent les épicéas, la douceur âcre de l’encens des églises, ou les parfums subtils des bougies. On en allume, en effet, de cierges, à Noël. Davantage qu’à toute autre période de l’année. Comme s’il fallait que la lueur de la flamme réveille la noirceur de la nuit, des ténèbres. Au même titre que les lumières des illuminations, auxquelles chacun contribue sur sa façade ou son balcon.

Enfin, bien sûr, Noël ce sont des sons, des images dont on ne peut se départir. Des musiques douces, des luminances chaudes, des couleurs éclatantes où le doré domine...

En se retirant quelques instants du monde, des re- présentations de ce type nous viennent forcément à l’esprit. Même si, pour nous, Noël n’est pas qu’une fête. Même si nous ne célébrons pas Noël. Même si nous n’aimons pas Noël. Car, plus que tout autre jour de l’année, Noël est la fête qui convoque tous nos sens, les associe, les décline, les exacerbe. On ressent Noël bien davantage que l’on y pense rationnellement. On ne formalise pas ce moment, on l’expérimente. Avec bonheur ou malheur.

Voilà pourquoi Noël est la plus grande fête de l’an- née. Parce que, qui que nous soyons, ce moment-là nous touche tous. Par chacun de nos sens. Jusqu’au cœur. Personne ne peut échapper aux sensations si particulières que Noël inspire, ni aux souvenirs qu’il imprime à jamais dans notre mémoire. L’expérience de Noël est collective, partagée par tous. On aurait presque tendance à dire qu’elle est universelle. Liée à notre humanité. Quoi mieux que Noël concrétise, dans l’agir et le pâtir de chacun, la solidarité entre les hommes ?

À Noël, nous sommes tous frères.

Même si bon nombre de gens ne célèbrent pas alors une fête chrétienne, quel plus beau message peut-on attendre de la naissance de Jésus ?
Joyeux Noël !

Frédéric ANTOINE

Rédacteur en chef

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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