« Classement sans suite » : sortir de la culture du viol

« Classement sans suite » : sortir de la culture du viol

Avec « Classement sans suite », la compagnie Théâtre CreaNova signe une pièce percutante sur le calvaire que subissent les victimes qui portent plainte après des violences sexuelles.

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Publié le

28 février 2026

· Mis à jour le

2 mars 2026
Pièce de théâtre es personnes sont sur la scène et jouent un rôle
© Théatre CreaNova

Quelques accessoires, quelques tables ou chaises suffisent à évoquer tous ces lieux qu’une victime d’agression sexuelle sera amenée à parcourir si elle veut porter plainte et espérer que justice lui soit rendue. Dans une forme originale, à la fois légère et didactique, rythmée et clairement compréhensible, la compagnie CreaNova déconstruit, dans Classement sans suite, les stéréotypes à l’origine de la culture du viol. Cette expression désigne l’ensemble des normes sociales, croyances ou pratiques qui banalisent, excusent ou minimisent les violences sexuelles. Nombreuses et parfois inconscientes chez les hommes, elles rendent ce travail de sensibilisation d’autant plus important, surtout en cette époque de retour en force du virilisme.

PERSONNAGES SYMBOLIQUES

Au début du spectacle, les comédiens et comédiennes posent le cadre : chacun et chacune incarne un personnage symbolique. Tout d’abord, Griselda est toujours la victime, tout en étant toutes les autres à la fois : une petite fille, un garçonnet, une jeune femme ou l’épouse d’un homme “respectable”. Elle incarne à elle seule toutes celles et ceux qui se sont retrouvé·es victimes d’une agression sexuelle. Elle représente les survivant·es. Face à elle, Vincent endosse le rôle de l’agresseur, le salaud qui prétend qu’il n’a rien fait ou qui ne savait pas que sa victime n’était pas consentante. Il est l’inconnu ou le proche, le mari ou l’oncle qui minimise ou nie ses actes. D’ailleurs, Vincent en a marre d’avoir toujours le mauvais rôle et, en tant que comédien, il ne manque jamais de le faire savoir. 

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