Rithy Panh : survivant des Khmerrs rouges

Rithy Panh : survivant des Khmerrs rouges

Entre 1975 et 1979, le régime de Pol Pot et de Khieu Samphân a massacré quelque deux millions de Cambodgiens. Adolescent à cette époque, Rithy Panh a survécu et, depuis 1989, il ne cesse de témoigner à travers des films et des livres. Il vient de publier, avec Christophe Bataille, Quartier des fantômes.

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Publié le

26 février 2026

· Mis à jour le

27 février 2026
Rithy Panh devant un fond gris
© JF PAGA

Trois ans, huit mois et vingt jours. Du 17 avril 1975 au 7 janvier 1979. C’est le laps de temps durant lequel les Khmers rouges ont, via “l’angkar” (“l’organisation”), imposé leur dictature d’une hallucinante férocité sur le Cambodge, devenu le “Kampuchéa Démocratique”. Cette tragédie reconnue depuis 2018 comme un génocide a causé la mort de 1,7 à 2 millions d’hommes, femmes et enfants, peut-être même plus. Soit près du quart de la population. Rithy Panh, qui avait 11 ans à l’époque, a survécu, contrairement à ses parents. 

À la libération de son pays, après un passage par un camp en Thaïlande, il a été, avec sa sœur, pris en charge par la Croix-Rouge et envoyé en France où vivaient leurs trois frères boursiers. Il apprend à dessiner et à peindre, veut être menuisier. C’est pourtant le cinéma qui va le happer. Et lui qui voulait « tout oublier », jusqu’à sa langue maternelle, ne cesse, depuis bientôt quatre décennies, à travers ses documentaires et films de fiction, ou des livres, de témoigner de ce qu’a été cette folie criminelle. « Je ne travaille pas comme un historien. Je suis un peu policier, un peu voyou, un peu anthropologue, un peu de tout », se définit-il.

VIVRE AVEC SON TRAUMATISME

« Je suis très surpris d’avoir survécu, confie le sexagénaire, et en même temps désolé, dans le sens de désolation. Un jour, dans une réunion critique, on a levé la main pour dire que les chefs mangeaient très bien, contrairement à nous. Le lendemain matin, nous avons été envoyés dans un centre de rééducation, eux sont restés. Dans ce centre, j’étais dans une unité d’enfants, on était trois. On mettait tout en commun, on travaillait ensemble. Comme j’étais le plus faible, ils creusaient et je portais. Psychologiquement, je reste imprégné par ces souvenirs, mais j’apprends à vivre avec eux. » 

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