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Edito

LIBRE, PLUS QUE JAMAIS.

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On a tous derrière nous une histoire. On est tous « de quelque part ». Les êtres comme les choses, de même que les choses qui portent la parole des êtres, comme le magazine que vous lisez pour l’instant. On ne peut renier son histoire. Mais, si on en a la volonté, on peut la faire progresser, évoluer, bifurquer de trajectoire. Rien n’est déterminé à être rectiligne. Dans la vie comme à L’appel. Ainsi que le rappelle une lectrice dans notre rubrique Messagerie (p. 39), L’appel a jadis vu le jour sur des fonts baptismaux qui ne ressemblent plus beaucoup à ce que le mensuel est devenu au fil des années, d’évolution en (r)évolution, de dépendance (et révérence) à l’institution à
l’acquisition de son indépendance. Un parcours certes semé d’embûches, pas nécessairement confortable, qui nous a souvent mis sur la corde raide. Mais qui nous permet de ne pas devoir être dans le rang, sans la tête qui dépasse. Et qui ne nous impose pas de défendre coûte que coûte des points de vue officiels ou des causes précises. Ni d’avoir de comptes à rendre.

L’Église catholique, creuset de l’ancestral Appel des cloches, puis du mensuel L’appel des années 1970, est aujourd’hui empêtrée dans ses affaires et ses contradictions. Quoi qu’elle fasse, elle ne parvient plus, sauf exception, à être de son temps, c’est-à-dire d’une époque où l’incertitude, le fragile, le mal-être priment sur les convictions arrêtées, les dogmes et les fois indiscutables. Un monde où tout (s’) échappe, mais où tout le monde est à la recherche d’un sens. Pas d’un sens unique, conçu clé-sur-porte pour être importé en bloc dans son quotidien. Mais d’un sens pluriel, personnel, ressenti, vécu, nourri à travers les méandres de l’existence.

C’est ce sens-là que, chaque mois, nous cherchons modestement à faire sourdre, sans jamais rien imposer. Mais en racontant, en montrant, en faisant parler.

Cette liberté est notre richesse. En ces temps troubles, elle nous paraît indispensable pour nourrir les pensées et les vies de nos contemporains. Pas à la manière d’un phare vers lequel le regard ne peut que se diriger. Mais à la mode des lucioles qui, en multitude, éclairent de faibles traits de lumière les moments des nuits d’été.

En cette rentrée, nous ouvrons encore ces perspectives en invitant chaque mois une auteure ou une re- présentante du monde culturel à nous livrer son regard sur une actualité qui nous entoure. Et, au cours de cette année, nos chroniqueurs.ses de la rubrique Croire... ou ne pas croire ne se contenteront pas seulement de confier leur regard individuel sur le monde. Deux fois par an, ils partageront aussi ensemble sur un même thème, où chacun(e) apportera sa petite étincelle personnelle.

Plus que jamais, notre positionnement particulier nous paraît devoir être soutenu et défendu. Il n’y a de semaine sans que de nouveaux lecteurs nous découvrent et soient conquis. Mais, dans un monde où l’individuel prime sur le collectif, nous faire mieux connaître reste notre défi majeur. Dès lors, si L’appel vous plaît ou vous interpelle, parlez de nous, faites- nous connaître autour de vous. Et, si vous le pouvez, soutenez-nous. Merci.

Frédéric ANTOINE

Rédacteur en chef

Mot(s)-clé(s) : L’édito
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