Daniel Legrand fait « chanter le verre »

Daniel Legrand fait « chanter le verre »

C’est par le dessin que Daniel Legrand est entré dans le monde de la création de vitraux. « En 1994-1995, j’ai pris des cours pour apprendre à dessiner. J’ai fait des aquarelles pendant plusieurs années. Mais je trouvais que les couleurs n’étaient pas assez vives. Puis, au début 2000, à la biennale de l’Art nouveau, j’ai visité l’atelier Majerus à Bruxelles. Là, j’ai été fasciné par les couleurs et la lumière. Le déclic s’est réalisé. Je leur ai demandé s’ils donnaient des cours. J’y suis retourné pour un stage de huit jours… »

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Publié le

1 mai 2023

· Mis à jour le

5 janvier 2026

CRÉER ET TRANSMETTRE

« Je ne suis qu’un petit faiseur de vitraux », estime Daniel Legrand. Retraité depuis huit ans, il a enseigné la physique, la chimie et la bio à Gembloux, où il réside. « Ce qui m’a le plus manqué après avoir enseigné, c’est transmettre. » Une vocation qu’il perpétue aujourd’hui auprès de ses cinq élèves actuels qu’il reçoit dans son atelier installé au deuxième étage de sa maison. S’il vend et s’il expose, il répond aussi à des commandes. Ses dernières créations : un vitrail dans une chapelle au cimetière de Sauvenière ou, en 2022, le nouveau chemin de croix en quinze stations pour l’église de Gembloux.

SE LANCER

« Le plus difficile, c’est le départ, la création à partir d’un dessin. Je pars de rien… Je me plonge dans mon intérieur et je produis quelque chose. Après, c’est de l’artisanat, un travail manuel. » Choisir les verres fait aussi partie des découvertes. « Je les achète à Soumagne ou en Flandre. Parfois en Hollande ou en Allemagne. C’est un plaisir d’aller sur place de voir les transparents ou les plus opaques. » Selon le pigment et l’intensité du mélange, cela produit des verres de couleurs différentes. « Ceux à peine mélangés sont déjà de vraies œuvres d’art en eux-mêmes. »

MÉTHODE TIFFANY

Les vitraillistes utilisent soit le plomb, soit le cuivre. « Le vitrail au plomb est celui utilisé au Moyen-Âge. On glisse le verre dans un profilé en “h” et on soude les intersections. C’est le vitrail des extérieurs. Il est moins précis. Moi, je travaille avec du cuivre pour des vitraux d’intérieur. On appelle cela la méthode Tiffany, née au début 1900. La découpe du verre doit être parfaite, et on doit souder sur toute la longueur. » La pièce de verre est sertie d’un fil de cuivre avec une face autocollante.

DÉCOUPER, SOUDER

Après l’esquisse et le dessin du projet, l’artiste aime laisser traîner les modèles dans son salon, pour faire réagir les visiteurs. Viendront ensuite le choix du verre, la découpe, la soudure… Pour un verre de 30×30, il faut compter environ douze à quinze euros. « Les verres les plus chers sont les rouges et les jaunes, car ils contiennent de l’or. » Pendant la découpe, Daniel Legrand aime faire « chanter le verre », lorsqu’il appuie son coupe-verre sur la surface à façonner. 

Textes et Photos : Stephan GRAWEZ

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