« Maak et transmettre » : un trio de “tufteuses” féministes et engagées

« Maak et transmettre » : un trio de “tufteuses” féministes et engagées

Cogité pendant le confinement par trois amies, Alice Emery, Mathilde Pecqueur et Salomé Corvalan, et lancé dans sa foulée, “Maak et transmettre” est un projet artistique axé sur une pratique peu connue alliant designs textile et industriel, le tuft. Un artisanat que popularisent les ex-étudiantes à la Cambre à travers des ateliers, des créations personnelles et des conférences.

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Publié le

20 janvier 2026

· Mis à jour le

26 janvier 2026
Les trois amies devant un fond blanc

C’est un gros pistolet tenu à deux mains évoquant un peu une perceuse d’où émergent plusieurs fils de laine, avec une aiguille au bout. Ces fils sont projetés à travers une toile sur laquelle on vient dessiner, comme une broderie de grande taille. Le tuft (ou tufting, tuftage, voire touffetage) est une pratique de tissage artisanal qui, à la base, permet de créer des tapis et dans laquelle se sont spécialisées trois anciennes étudiantes à la Cambre (Bruxelles) : Salomé Corvalan et Mathilde Pecqueur en design textile, Alice Emery en design industriel. Cette technique, Mathilde l’a découverte lors d’un Erasmus en Suède. Et grâce à des pistolets à bas coûts fabriqués en Chine, elle a commencé à être à la mode sur les réseaux sociaux. « En sortant de l’école, sourit Salomé, tout le monde a envie de créer son propre studio. C’est un peu ce qu’on nous vend. Devenir une créatrice toute puissante qui fait de belles choses. Puis, on réalise petit à petit que ce n’est pas aussi simple. Comme on avait envie de faire la même chose, on s’est dit pourquoi ne pas le faire ensemble, on pourrait ainsi être plus fortes et moins galérer. »

UN TRAVAIL ENGAGÉ

D’autant plus qu’à l’époque, elles ne trouvent pas de travail. « On s’est rendu compte, poursuit la jeune femme alors employée dans une ferme pédagogique, qu’on avait le choix soit de travailler dans une industrie ou un studio où, en fait, on est un peu des larbins et où il n’y a pas vraiment de possibilité d’être créatifs, soit de vivre dans une énorme précarité. On voulait avoir un travail engagé, sur les aspects féministe, social, écologique, local, ancré dans le territoire. » Le premier confinement leur permet de réfléchir à leur projet, de lui donner ses bases. Sans savoir précisément comment faire puisque l’école ne prépare pas à la création et à la gestion d’une entreprise. De ces cogitations est sorti “Maak et Transmettre” d’abord installé à Anderlecht, dans le quartier de Cureghem, et qui occupe aujourd’hui un atelier à l’étage d’un bâtiment longeant le canal, à Molenbeek. 

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