Revivre l’épopée des trains à vapeur
Revivre l’épopée des trains à vapeur
À la grande satisfaction de la centaine de ses bénévoles – dont une trentaine très actifs -, le Petit Train à Vapeur de Forest (PTVF) vient de ressortir de ses hangars, afin de faire goûter au plaisir du rail dans le parc du Bempt (Bruxelles). Des locomotives et wagons à taille réduite à l’échelle de 1/8 parcourent un circuit ferroviaire d’environ deux kilomètres et demi pour une promenade d’un petit quart d’heure.
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UNE PASSION DÉVORANTE
Si Gilbert Bécaud, dans les années 1960, allait voir les avions à Orly, Claude Magdelijns, à la même époque, courait chez son grand-père, dans le quartier du Germoir à Ixelles, pour regarder passer les trains sous le pont. Il était fasciné et ne rêvait que de ces engins qui sont devenus pour lui une passion dévorante. « Au début des années septante, raconte-t-il, Luc Tennstedt, mécanicien de son métier, avait réalisé un réseau de deux cents mètres transportable qu’il présentait par-ci, par-là. Il avait même été monté sur la Grand-Place de Bruxelles ! » Les deux hommes s’associent et, rejoints en 1985 par d’autres passionnés, ils sont accueillis sur le parc du Bempt, mis à leur disposition par la ville de Forest, moyennant son entretien. Ce terrain avait échappé aux pelleteuses du ring, à l’industrialisation et à l’urbanisation de cette partie de la commune.
AUTOUR DES ÉTANGS
Au fil des ans, le réseau s’est étendu pour atteindre un kilomètre au début du troisième millénaire. Une nouvelle extension a ensuite été réalisée, avec une troisième boucle tracée autour des étangs du parc franchis par un pont. « Nous avons eu très peur lors des dernières pluies, reconnaît Claude Magdelijns. L’étang a débordé, inondant notre ligne. Sans gravité, heureusement. » Aujourd’hui, le train traverse un petit morceau de nature protégé, un lieu insolite doté d’une plaine de jeux pour enfants et d’un terrain de sport. La promenade verte de soixante kilomètres autour de Bruxelles, à pied ou à vélo, passe devant.
LA RELÈVE EST ASSURÉE
Contaminés par la passion de leurs aînés, Antoine et Louis sont prêts à prendre leur succession et veillent déjà à l’entretien du matériel. « Il faut savoir, précise Claude, que seize heures de roulage nécessitent soixante-quatre heures de travail ! De plus, dès le moment où circulent six trains, six machinistes sont indispensables. On doit assurer la présence de signaleurs, de “cabiniers”, des gens aux aiguillages, à la gare, au poinçonnage. » Entre dix et quinze personnes passent en même temps d’une “charge” à l’autre durant tout l’après-midi.
LES VIEUX DE LA BIELLE
Ainsi, chaque week-end, de 14h à 18h, les petits et les grands peuvent revivre à échelle réduite, et pour le plaisir, un peu de la grande épopée des trains à vapeur qui ont sillonné l’Europe et le monde pendant plus d’un siècle. Avant d’être accueillis par Hélène – « et ses garçons », commeelle se plait à dire – à la buvette-musée Les vieux de la bielle. Dans ce petit musée, autrefois la ferme Michiels qui a connu un élevage de moutons, le visiteur découvrira une collection originale de quinze locomotives et vingt-cinq wagons. Sans compter les prêts de personnes privées, grands amis de cette association, tout heureux de voir leurs “machines” ainsi exposées. Et impatients avant l’arrivée, en 2025, des festivités du quarantième anniversaire de cette ligne emblématique.
Le Petit Train à vapeur de Forest, chaussée de Neerstalle 323B, 1190 Forest. ptvf.eu/
TEXTE : Michel LEGROS – PHOTOS : Gilbert STEVENS
