Artisan créateur : une passion fragile

Artisan créateur : une passion fragile

Sur les marchés et dans les petites boutiques, les artisans créateurs proposent leurs pièces uniques. Mais derrière les vitrines, l’inquiétude grandit : ventes en baisse, charges lourdes, concurrence d’internet… Pour beaucoup, c’est le besoin de créer qui les aide à tenir.

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25 mars 2026

· Mis à jour le

25 mars 2026
Un artisan occupé à travailler sur une table en bois
© BOIS de Terre

« Une écharpe à 50 euros ? À ce prix-là, je prends du fil et des aiguilles et je la tricote moi-même ! » La scène s’est déroulée sur un marché de Noël et a été montrée à la télévision. Elle pourrait sembler anecdotique. Pourtant, pour de nombreux artisans, elle résume un malentendu persistant entre le public et celles et ceux qui tentent de vivre de leurs créations. Car derrière l’étiquette de prix d’un objet artisanal se cache une réalité économique rarement visible. Sur cette écharpe vendue 50€, une fois la TVA retirée (si elle est appliquée), il reste environ 41€. Si la pièce est vendue dans une boutique fonctionnant en dépôt-vente, près de 30% partiront dans la commission du magasin. Restent alors 28€, dont il faut retirer les matières premières : trois pelotes de laine à 7€, par exemple. Solde : 7€. Une fois payés les cotisations sociales et les impôts, que restera-t-il pour un travail qui a demandé plusieurs heures ? Et ce calcul ne tient pas compte du temps passé à préparer les marchés, des déplacements, du matériel d’exposition ou des heures passées derrière un stand. De quoi expliquer pourquoi le métier reste si fragile.

MARCHÉS EN BERNE

Pendant longtemps, les marchés artisanaux ont constitué le principal débouché des créateurs. Beaucoup estiment désormais que la dynamique s’essouffle. Lors des fêtes 2025, la plupart des artisans disent ainsi avoir moins bien vendu que par le passé. « Chaque année est moins bonne que la précédente », confie Céline Mortier, créatrice de bijoux et d’objets décoratifs en vitrail. « Sur les marchés de Noël, les personnes se promènent et prennent du bon temps. Elles viennent avec des amis boire un verre, manger un petit bout, mais pas nécessairement acheter de l’artisanat », ajoute Marie Laruelle, qui transforme des plantes sauvages en vin de pissenlit et en sirops. « Ce n’est pas faux, répond Christian Drielinck, président de l’Association des Artisans Créateurs (AAC) qui les aide. Mais, quand j’organise un événement, je fais régulièrement mon tour pour vérifier si tout est en ordre. Et je vois beaucoup d’exposants derrière leurs échoppes en train de regarder leur smartphone plutôt que de dire bonjour à un client potentiel… »

VITRINES PRÉCIEUSES MAIS FRAGILES

Face aux marchés, les boutiques de créateurs paraissent “la” solution pour atteindre le public. On y pratique souvent le dépôt-vente : les objets restent la propriété du créateur et la boutique se charge de les vendre contre une commission de ±30 à 35%. Les créateurs évitent ainsi de louer un local ou d’assurer des permanences. Mais, du côté des boutiques, la réalité économique est plus compliquée. Une ex-gérante raconte avoir choisi ce modèle car il permettait de ne pas immobiliser de trésorerie pour acheter du stock. Mais, même en faisant 80 000€ de chiffre d’affaires annuel, elle ne pouvait pas se verser un salaire. À Soignies, Lynie Chapelle, créatrice et gérante de boutique, raconte avoir démarré avec 14 artisans en dépôt-vente. Aujourd’hui, elleapproche les 70 marques et créateurs, mais, précise-t-elle, « j’ai parfois été obligée de travailler avec de plus gros fournisseurs. Sinon, malheureusement, ce n’était pas assez rentable ». 

Plusieurs artisans soulignent aussi les limites du système : ajouter la commission aux autres coûts peut donner l’impression de travailler à perte. Pour l’éviter, certaines créatrices ont donc ouvert leur propre espace. Preuve de la difficulté de ce type de commerce, des magasins de dépôt-vente ont récemment fermé leurs portes dans plusieurs communes de la région bruxelloise, à Charleroi, Jodoigne, Namur et Dinant, notammentÀ Mons, Créa’City, tenue par la créatrice de bijoux Jacqueline Maggio, fonctionne selon un modèle différent. Plutôt que de prendre une commission, elle achète les pièces directement aux artisans avant de les revendre avec un coefficient de ±2,5 fois le prix d’achat. Compte tenu de la TVA, des frais et des invendus, elle estime la marge acceptable.

COÛTS MUTUALISÉS

D’autres initiatives ont choisi le modèle de l’ASBL. Il ne s’agit alors plus d’une activité commerciale menée dans un but de lucre pour en tirer un profit et un salaire, mais d’une entreprise collective où les coûts et les responsabilités sont mutualisés. À Visé, Les Flâneries, de Brigitte Purnelle et Élodie Close-Lecocq, fonctionne ainsi. Créé sous forme d’ASBL, leur premier commerce devait être éphémère. Mais l’expérience ayant bien fonctionné, le projet s’est poursuivi, des boutiques temporaires ont été créées et un magasin a été repris à Hannut. Vingt à vingt-cinq créatrices participent au projet. Chacune dispose d’un espace dans la boutique, paie un petit loyer ainsi qu’un pourcentage sur ses ventes et assure des permanences. Ce système, qui demande de la disponibilité, permet qu’une seule personne ne doive pas porter le risque financier d’un magasin. La boutique devient un espace partagé entre créatrices.

Le Comptoir des artisans namurois fonctionne dans un esprit comparable. La structure rassemble une trentaine de créateurs qui disposent chacun d’un espace de vente dans la boutique. Les objets restent leur propriété et l’argent des ventes ne fait que transiter par l’ASBL. « C’est comme si chacun avait sa petite boutique dans l’espace commun », explique l’une des responsables. Chaque créateur paie une participation mensuelle (environ 125€) et établit lui-même les factures correspondant à ce qu’il vend, comme lors d’un marché artisanal. Les magasins éphémères, tels De Passage, qui n’ouvre qu’en fin d’année au centre commercial Ville 2 de Charleroi, reposent souvent sur le même concept. On le retrouve aussi dans certains concept-stores (mais pas tous). Yuman Village, à Bruxelles, rassemble dans de mêmes espaces différentes marques et entrepreneurs engagés dans l’économie circulaire. L’été dernier, le magasin d’Etterbeek a cependant dû être fermé faute d’une fréquentation suffisante pour atteindre un seuil de rentabilité.

Tous les artisans sont censés être déclarés à la Banque-Carrefour des entreprises et ont un numéro d’entreprise. Ils sont soumis à la TVA. Toutefois, ceux qui exercent cette activité à titre complémentaire (voir infra) et qui ont un chiffre d’affaires inférieur à 20 000€/an (régime de franchise) sont exempts de TVA. Des boutiques et concept-stores ne leur appliquaient donc pas cette taxe. La formule est devenue beaucoup plus difficile depuis l’arrivée, début 2026, du système de facturation en ligne Peppol qui s’applique à tous les commerces. Passer par des ASBL non soumises à la TVA constitue un moyen plus aisé pour proposer des créations à des prix corrects.

TENIR OU REVIVRE

Beaucoup d’artisans reconnaissent la fragilité économique de leur activité. Mais un mot revient toujours lorsqu’on leur demande pourquoi ils continuent : la passion. « Ce n’était pas une révélation, mais une fois que j’ai eu mis les mains dans la terre, j’ai vraiment eu envie de continuer, raconte une céramiste. Je suis allée suivre des stages chez plusieurs potières, j’ai regardé des dizaines de vidéos. Et puis, je me suis lancée. » Maman de deux petites filles et prof de sciences, Mathilde a, elle, commencé la couture en 2017, lorsqu’elle a appris qu’elle allait devenir tata. Cette nouvelle lui a donné l’envie de créer de ses mains, et, depuis, elle a ouvert Coin-coin Couture et n’a jamais arrêté.

Après sa journée de travail et les obligations familiales, Céline Mortier, qui réalise des bijoux et objets décoratifs en vitrail, rejoint souvent son atelier. « Quand je crée, je suis seule avec moi-même, dans ma bulle, explique-t-elle. Je me centre et je me retrouve. » Ce temps suspendu, loin des contraintes et du rythme de la vie professionnelle, est le moment qui donne sens à l’activité de beaucoup d’artisans. Titef crée desfoulards cousus main, desboucles d’oreillesfantaisie et des petits objets décoratifs à Amay.Elle rajoute que, pour elle,l’artisanat est devenuune manière de « se vider la tête » après son travail à l’hôpital. Mais que, si elle devait vivre uniquement de cette activité, elle « serait déjà morte de faim ».

CHANGER DE VIE

En effet, s’il existe des artisans créateurs qui exercent leur métier de génération en génération, beaucoup sont arrivés dans le secteur par besoin de changer de vie. Notamment suite au Covid. Alexandra Culéa, spécialisée dans la maroquinerie artisanale, travaillait dans le secteur dentaire. Après la pandémie, les conditions de travail se sont dégradées et la pression est devenue trop forte. « J’avais l’impression d’être un robot qui exécutait des ordres. » Le burn-out finit par arriver. Des problèmes de santé l’obligent à repenser son avenir professionnel. En regardant des créations sur internet, elle retrouve l’odeur du cuir et l’ambiance de l’atelier de son arrière-grand-père cordonnier. L’idée d’une reconversion prend forme. Elle suit une formation en maroquinerie et se met à produire ses propres pièces. Aujourd’hui, elle développe cette activité comme indépendante complémentaire, avec l’objectif d’en faire un jour son métier principal.

Cathy Houdart est tombée en burn-out après une période de harcèlement au travail lorsqu’elle était employée dans la grande distribution. L’épuisement s’accompagnant de problèmes de santé (fibromyalgie), elle découvre la céramique et conçoit des tasses originales, devenues sa marque de fabrique. D’autres artisans n’ont pas forcément vécu de rupture professionnelle, mais ressentent en eux le besoin de retrouver un équilibre. Une infirmière devenue créatrice textile explique avoir commencé presque par hasard. Un jour, elle repère un foulard de marque dans un magasin et s’étonne de son prix. « Je me suis dit que j’allais le faire moi-même. » Elle ressort la machine à coudre de sa grand-mère et apprend seule, grâce à des livres et à internet. Très vite, elle fabrique plus de foulards qu’elle ne peut en porter…

LE RÊVE D’EN VIVRE

Pour certains artisans, la passion de création devient un véritable projet professionnel. Nombre d’entre eux se lancent dans l’aventure dans le but d’un jour en faire leur profession principale. Mais, hormis dans des secteurs très spécialisés, comme le vitrail ou l’ébénisterie, peu vivent que de leur art. Ingrid Michel, bijoutière formée à l’IATA de Namur, a travaillé pendant plus de vingt ans comme ouvrière dans une bijouterie de Gilly. Après la faillite de l’entreprise, elle obtient un diplôme de prof de bijouterie-joaillerie pour pouvoir enseigner. Mais, dans l’impossibilité de trouver un job dans le secteur, elle crée en 2019 Ingrain de Folie, travaillant via la coopérative Smart. Elle réalise des bijoux uniques selon des techniques traditionnelles de joaillerie. Son rêve serait de s’établir pleinement à son compte, mais le marché est tel qu’elle serait aujourd’hui contente d’un statut d’indépendant complémentaire. Pour cela, elle cherche n’importe quel travail à mi-temps ou temps plein. 

Pour Marie Laruelle et son vin de pissenlit, au départ, il ne s’agit que d’une activité familiale : sa sœur lui offre un livre contenant une recette de ce breuvage. Elle essaie, puis recommence. Pendant des années, elle prépare ces boissons pour ses proches. Puis elle perd son emploi. Plutôt que de chercher un nouveau travail salarié, elle choisit de tenter l’aventure entrepreneuriale. « Être indépendante, c’était un rêve depuis longtemps. » Elle bénéficiera d’un dispositif de couveuse d’entreprise qui lui permettra de tester son activité tout en étant accompagnée. Aujourd’hui, elle produit dans un atelier installé dans une ancienne boulangerie. Sa réalité économique reste cependant fragile. « Je paie tout, mais je n’en vis pas. »

La plupart des artisans rencontrés exercent leur activité en complément d’un autre métier. Ils sont “indépendants à titre complémentaire” à côté d’une autre source de revenus qui peut être un emploi, mais aussi des indemnités de chômage ou de maladie. Christine Boulanger est ainsi esthéticienne et formatrice à l’IFAPME. Avec une associée, elle a lancé Amarïe, des bougies artisanales fabriquées dans des bouteilles recyclées. Le projet est né pendant la pandémie. Les deux femmes décident alors de créer une gamme de bougies réalisées à partir de matériaux recyclés. Pour vendre leurs produits, elles organisent notamment des ventes à domicile, type “Tupperware”, certes chronophages, mais qui semblent plutôt bien fonctionner. 

Autre profil : dans le couple d’artisans de Bois de Terre (La Bruyère), lui réalise des bols selon une technique ancestrale chinoise et elle est céramiste. Leur choix a été de créer une société, « pour payer le matériel avec les bénéfices. Mais il est prévu dans les statuts de la société qu’on ne se paye pas de salaire. Pour vivre de l’artisanat, il faut déjà avoir un sacré réseau ! »

TEMU ET LA PAPERASSE

L’artisanat attire beaucoup de personnes en reconversion professionnelle ou en quête d’une activité complémentaire. Cette multiplication du nombre de créateurs crée une diversité, ce qui est une richesse, mais renforce aussi la concurrence. Sur les marchés, plusieurs stands proposent souvent des produits similaires : bijoux, bougies, textiles ou objets décoratifs. Pour expliquer les difficultés du secteur, nombre d’artisans pointent aussi les plateformes de vente en ligne, où des produits industriels qui ressemblent à des créations artisanales sont proposés à des prix très bas. Face à ces objets fabriqués en séries, l’artisan local doit expliquer pourquoi ses créations coûtent plus cher : son temps de travail, son savoir-faire, sa création originale. Un travail de pédagogie qui ne débouche pas toujours sur une vente. « J’ai même dû un jour notifier sur mon stand que rien n’était chinois, que tout était bien amaytois », raconte Titef. « Il y a de plus en plus de gens qui sont copiés. J’ai une amie, une petite créatrice ici sur Mons, qui voit ses créations copiées sur Temu. Ça décourage clairement », ajoute Jacqueline Maggio. 

À cette concurrence s’ajoutent des contraintes administratives que beaucoup d’artisans jugent difficiles à gérer. Pour vendre légalement leurs produits, ils doivent disposer d’un numéro de TVA, tenir une comptabilité, émettre des factures et payer des cotisations sociales. Dans les dépôts-ventes, la gestion administrative peut devenir encore plus complexe. Pour des activités exercées en complément d’un autre emploi, ces obligations représentent une charge qui limite le temps consacré à créer. Entre la fabrication, la recherche d’idées, la gestion des dépôts et les ventes, cette créatrice de foulards de fantaisie reconnaît que son activité artisanale lui prend au moins quinze heures par semaine. Pourtant, « il faut beaucoup se battre pour vendre un minimum ».

DOUTES ET RÉINVENTIONS

Face à ces difficultés, beaucoup d’artisans reconnaissent la fragilité de leur activité. Nombreux sont ceux qui ont déjà été pris par le doute et le découragement, ou se demandent s’ils pourront continuer longtemps. D’autres envisagent de ralentir ou de revenir à une pratique plus occasionnelle. Mais rares sont ceux qui parlent d’abandonner complètement. « Je ne peux tout simplement pas vivre sans exercer ma passion », glisse Ingrid Michel. Envers et contre tout, la motivation reste souvent intacte. Pour continuer à exercer leur passion, les artisans cherchent à diversifier leurs activités. « Si on veut vivre de ses créations, il faut essayer de multiplier les canaux de vente, comme une pieuvre. Ne pas mettre ses œufs dans le même panier », dit la propriétaire de Créa’City Mons. Tous ont leur boutique en ligne. Elles sont belles, mais ne font pas vendre. Quant à passer par des plateformes, celles-ci sont saturées et dominées par des produits industriels vendus à bas prix…

Christine Boulanger (Amarïe) est plutôt sceptique quant aux résultats : « On a un site internet où on ne vend pas grand-chose. Sur les réseaux sociaux, ça ne fonctionne pas non plus. On touche davantage de clientèle quand les gens voient le produit en magasin. » Être actif sur les réseaux exige aussi d’y passer beaucoup de temps. « Un artisan, ce n’est pas juste : je crée de mes mains et je vends. Si vous n’y êtes pas, vous êtes méconnus. C’est un travail titanesque, mais c’est devenu une obligation », explique-t-on à l’atelier de Lynie. Chez Les broches de Sarah, « Instagram, c’est tous les jours. Etce n’est pas simplement une photo et puis c’est terminé ». Mais ce travail peut être productif. Chez Bois et Terre, on considère même que « la majorité des gens qui viennent vers nous, c’est par Facebook et Instagram ».

Le créneau dans lequel de plus en plus s’installent est celui des ateliers ou des stages. Ces activités, qui ne sont pas directement liées à la création, permettent de transmettre un savoir-faire tout en générant des revenus plus réguliers. Les Broches de Sarah a ainsi organisé des ateliers de broderie upcycling avec des ados. À partir de quelque chose d’abîmé, il fallait recréer. Ailleurs, on conçoit des ateliers bougies ou on consacre aux formations un espace spécifique, comme au Comptoir des Artisans namurois oùdes ateliers se tiennent en sous-sol. D’autres envisagent seulement de se lancer dans ce type d’activité. Car apprendre à créer et créer ne requièrent pas les mêmes prédispositions. À Huy, Carole Vandermeir a même accompli le chemin inverse. L’Espace Crafty a été d’abord ouvert pour donner des ateliers créatifs et offrir en même temps une petite galerie à ses propres créations. Ce n’est qu’ensuite qu’elle a ajouté une boutique d’artisans. Avec un succès incertain, puisqu’elle n’est pas située au centre-ville.

PLUS FORTS ENSEMBLE

Dans un secteur où beaucoup travaillent seuls, la solidarité joue un rôle essentiel. Sur les marchés, les artisans échangent conseils, contacts et informations. Dans les boutiques, les permanences sont souvent tenues par deux créatrices qui s’épaulent. Les amies jouent un rôle important. « Il faut être entouré. Nous, on se retrouve souvent entre artisans, on se donne des coups de main, on échange des idées, raconte Christine Boulanger, qui évoque les “soirées artisanales” qu’elle organise. Se crée ainsi un véritable réseau informel où chacun aide les autres à trouver des débouchés ou à résoudre des problèmes administratifs. Cette entraide n’efface pas les difficultés économiques, mais elle permet de rompre l’isolement.

Sur l’avenir de leur métier, les artisans restent prudents. Le climat ambiant, la baisse du pouvoir d’achat, la concurrence des plateformes en ligne et la multiplication des créateurs rendent l’équilibre économique difficile. Certains craignent que l’artisanat devienne de plus en plus une activité de loisir plutôt qu’un métier. Mais beaucoup continuent malgré tout. Parce que l’intérêt du public pour les objets faits main ne disparaît pas complètement. Parce que fabriquer un objet unique reste une expérience que l’industrie ne pourra jamais reproduire. Et à cause de l’attachement des artisans à la création. Tous savent que l’artisanat ne garantit ni richesse ni stabilité. Mais créer avec ses mains procure une satisfaction particulière. Voir quelqu’un repartir avec un objet que l’on a imaginé et fabriqué reste un moment unique.

Frédéric ANTOINE

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