Philippe van Parijs : « pessimiste à court terme, optimiste à long terme »

Philippe van Parijs : « pessimiste à court terme, optimiste à long terme »

Professeur émérite à l’UCLouvain de la chaire Hoover d’éthique économique et sociale, multi-diplômé, polyglotte, humaniste, pacifiste, Philippe Van Parijs (né en 1951) propose de nombreuses réformes inspirées par une éthique de la justice. Tout en étant promoteur d’une allocation universelle à chaque citoyen, du dialogue entre Flamands et francophones et de réformes institutionnelles à Bruxelles et en Belgique.

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Publié le

24 mars 2026

· Mis à jour le

31 mars 2026
Photo portrait de Philippe Van Parijs
© D.R.

Après une carrière académique, notamment à L’UCLouvain comme professeur, vous êtes émérite depuis 2016. Une retraite active ?

— Oui, j’ai pu continuer à enseigner à l’UCLouvain un temps et j’enseigne encore à la KULeuven. Par ailleurs, je continue à publier des études, des tribunes dans les journaux. Je fais partie de divers groupes de réflexion et j’ai des engagements citoyens qui étaient déjà présents précédemment. Je suis très partisan de l’apprentissage des langues et le gouvernement précédent de Bruxelles-Capitale a créé un ministère pour la promotion du multilinguisme. Le ministre en charge alors m’a demandé de l’aider à composer et présider ce Conseil bruxellois du multilinguisme et d’organiser, du 9 au 14 février dernier, une semaine de promotion de cette idée. C’est une chose qui me tient à cœur.Ce fut une occasion pour les personnes présentes de se rencontrer, de découvrir des initiatives pour célébrer la diversité linguistique et améliorer le multilinguisme des Bruxellois. Cette diversité linguistique à Bruxelles est formidable, mais c’est aussi un défi phénoménal à relever.

Pourquoi cet attrait des langues chez vous ?  

— J’aime parler plusieurs langues avant tout parce que cela crée une autre relation avec les personnes. Plus on se renferme sur une seule, plus on s’isole des autres. Cela permet d’établir de meilleures relations de confiance, de solidarité, de coopération.

— Plus largement, vous n’aimez pas être réduit à une seule identité… 

— Effectivement. Je n’aime pas me cantonner à une seule discipline, mais plutôt être un go between, quelqu’un qui navigue entre la philosophie et différentes études, comme l’économie, les sciences sociales, le droit, entre le monde continental européen et le l’intellectuel anglo-saxon. Ce que j’aime le plus dans mon activité professionnelle, mais aussi militante : mettre ensemble des gens qui, a priori, ne se parleraient pas ni ne s’écouteraient l’un l’autre. Aidés par l’atmosphère ainsi créée, mais aussi en parvenant à parler le langage de chacun, ils se comprennent et finalement collaborent là où, auparavant, il ne pouvait y avoir que méfiance et parfois inimitié.

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