Addictions : comment lâcher prise ?

Addictions : comment lâcher prise ?

Cet étudiant joue en ligne jusqu’à l’échec. Cette employée boit chaque soir. Ce cadre prend des lignes de coke pour tenir ou des joints pour s’endormir… Les addictions se fondent dans le quotidien. Pour en sortir, il faut comprendre ce qui se joue derrière ces conduites.

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Publié le

26 avril 2026

· Mis à jour le

27 avril 2026
Un homme accoudé sur une table avec une bouteille devant lui
© Freepik

« J’avais arrêté. Trois semaines. Et puis j’ai repris. Je ne sais même pas pourquoi. » Les addictologues sont habitués à ce genre de confession. Celui qui l’exprime ici sait de quoi il parle : il décrit en toute conscience les conséquences de sa surconsommation, les nuits écourtées, les tensions, la fatigue. Et pourtant, il a recommencé. Caroline Depuydt est psychiatre à Bruxelles et spécialisée dans la santé mentale. Directrice médicale du groupe Epsylon et cheffe de service à la clinique Fond’Roy, elle a notamment écrit un livre sur la dépendance aux écrans. Ce type de confidence ne l’étonne pas : « Je bois, j’ai un accident de voiture… et malgré tout, je continue. Je joue, je m’endette… et malgré tout je continue. C’est cela, l’addiction. » Il n’y a jamais d’ignorance, mais autre chose : une forme d’impossibilité d’y échapper.

L’ANGOISSE DE LA NUIT

Camille Charvet est addictologue à Paris, à l’hôpital Marmottan, premier centre français de soins des toxicomanies, créé en 1971 par le Dr Claude Olivenstein. Elle entend souvent des récits très proches de ceux qu’évoque sa collègue belge. Dans son livre Les assoiffés, elle recourt à une image simple pour expliquer comment ces pratiques s’installent : celle de l’“addiction à la cacahuète”. Une graine que l’on grignote sans y penser : une, puis deux, puis encore une… et le paquet se vide. Ici aussi, rien ne s’impose, mais tout s’installe. « On commence à consommer pour essayer de se sentir mieux, de ne plus y penser. Et puis, quand l’habitude s’est installée, on ne consomme plus pour éviter quelque chose, mais pour combler le manque », décrit Caroline Depuydt. Elle évoque ce patient qui parle de « deux rails pour tenir une présentation ». Cet autre, d’« un joint chaque soir pour dormir ». Ou cette femme qui utilise « des anxiolytiques dès que l’angoisse monte ».

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