Tronc commun : inventer l’école de demain

Tronc commun : inventer l’école de demain

Dans les écoles secondaires, les enseignants s’activent pour accueillir la réforme du tronc commun qui débutera en première secondaire à la rentrée 2026. Reportage dans deux établissements bruxellois où l’enthousiasme côtoie l’incertitude.

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Publié le

27 février 2026

· Mis à jour le

27 février 2026
Une table avec de la nourriture posée dessus et des personnes qui cuisinent
©Catherine ERNENS

Dans un coin de la grande cour de récréation du collège Saint-Vincent Saint-François, entité Saint-François à Bruxelles, un compost se prépare avec le marc de café issu des pauses des professeurs. Quelques mètres plus loin, un groupe d’élèves s’initie au yoga, tandis que d’autres répètent dans la chorale fraîchement créée. Ces ateliers, qui mêlent tous les âges et niveaux, donnent une dynamique totalement différente à l’école. « On nous demande un accompagnement personnalisé et du temps pour l’orientation des élèves, explique la directrice adjointe, Isabelle Van Goidsenoven. Les minutes que nous récupérons grâce aux périodes de 90 minutes, nous les transformons en remédiations, en activités citoyennes, en orientation et en ateliers. »

UN PIED D’ÉGALITÉ

Cette effervescence n’est pas le fruit du hasard. Elle préfigure la grande réforme qui s’imposera à tout le secondaire dès septembre 2026. La décision de créer un tronc commun de la maternelle à la troisième secondaire a été prise en 2017, dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence (initié en 2014). Cette réforme est majeure : elle impacte les grilles de cours, l’attribution des professeurs et introduit de nouveaux référentiels pour tous les enseignants. Pour la première fois, tous sont sur un pied d’égalité, devant retravailler leurs cours. L’objectif central est d’améliorer l’équité en garantissant que tous les élèves, quel que soit leur milieu socio-économique ou géographique, acquièrent un bagage commun de savoirs et de compétences essentiels. Le projet ambitionne un enseignement « plus inclusif et moins séparateur » dans un système belge qui peine à l’être. 

Concrètement, la nouvelle grille horaire fait la part belle aux disciplines essentielles : six heures de français et de langues anciennes, cinq de mathématiques, quatre de langue moderne et autant de formation historique et géographique. Une attention particulière est accordée au numérique avec deux heures hebdomadaires dédiées à la culture digitale, la logique informatique et l’éducation à la fiabilité des sources à l’ère de l’IA (intelligence artificielle). Le latin sort gagnant de cette réforme. Alors qu’il était auparavant optionnel et accessible de manière inégale selon les écoles, tous les élèves recevront désormais deux périodes d’initiation en 2ᵉ secondaire et une en 3ᵉ. Ils bénéficieront également d’un accompagnement personnalisé. Ceux qui n’ont pas obtenu leur Certificat d’études de base (CEB) auront jusqu’à trois périodes supplémentaires de soutien renforcé. La réforme prévoit aussi deux journées de découverte des métiers et garantit qu’aucun emploi enseignant ne sera supprimé, mais réaffecté en fonction des besoins.

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