Des livres pour finir l’hiver

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Publié le

28 février 2026

· Mis à jour le

28 février 2026
Des livres pour finir l’hiver

ÉLÈVE DE VIVALDI

À Venise, au début du XVIIIe siècle, l’Ospedale della Pietà est une institution célèbre où les femmes, en toute discrétion, peuvent abandonner leurs fillettes qui y sont élevées par des sœurs. L’éducation musicale, qui leur est prodiguée par les plus grands maîtres, permet aux meilleures de s’en sortir mieux que les autres. C’est le destin de Anna Maria, formée par le Maestro, qui est magnifiquement raconté par Harriet Constable, dont il faut saluer la superbe traduction de Cécile Arnau. S’inspirant d’une histoire vraie, l’autrice raconte comment Vivaldi doit les plus célèbres de ses compositions à la collaboration de cette jeune prodige très inspirée. (J.Ba.)

Harriet CONSTABLE, La virtuose, Paris, Albin Michel, 2025.

DES VOIX SINGULIERES

Ce que font de mieux les écrivains ce n’est pas « commenter un texte déjà publié mais écrire, penser, créer », affirme Augustin Trapenard (La Grande Librairie, France 5). À la fin de l’émission, un invité intervient pour une séquence qui se vit « les yeux dans les yeux », un échange où il révèle ce qu’il a de plus profond dans son engagement à se dire et à dire le monde. Singulière prise de parole adressée au plus intime de chacune et chacun quand Maylis de Kerangal affirme que « l’imagination est un espoir » ou que Giuliano Da Empoli dit qu’« imaginer des futurs alternatifs sera toujours un acte de liberté ». Des voix essentielles qui questionnent le rôle du livre et de la lecture. ( C. M.)

Droit dans les yeux, Paris, Seghers, 2025.

PERSONNAGES COMPLEXES

Déjà auteure de cinq thrillers noirs et psychologiques, cette ex-enseignante de Hesbaye namuroise met en scène des élèves de fin d’études secondaires, dont Brady, aux relations inquiétantes, qui siffle la chanson reprise en titre. Fils d’une mère internée, il vit dans une caravane avec son frère handicapé mentalement et souhaite s’engager en Ukraine, pays de son père. Une ado, Camille, en a fait l’homme de sa vie en transposant son amour, ses doutes et questionnements dans ses écrits. Autour de la marginalité ou de la difficulté amoureuse, ce roman met en scène des personnages complexes, avec une fin dramatique, quoiqu’ouverte. (J.Bd.)

Martine ROLAND, Pomme de reinette et pomme d’api, Bruxelles, Éditions M.E.O., 2025.

AMOUR (É)PERDU

Trente ans après, à celui dont elle était amoureuse adolescente, Violette a envoyé un message pour lui dire que c’était peut-être « le moment ». À 1000 km de Bruxelles, Ange, qui l’aimait aussi, ne sait comment réagir. D’autant plus que s’il est divorcé, elle est mariée et mère de famille. Ils vont néanmoins se revoir et s’aimer à la folie. Mais… Elle a des aventures et lui se révèle jaloux, blessant, mu par la volonté de faire mal. Soit un pervers narcissique, ce que Violette, éperdument éprise, refuse de voir, comme le raconte intelligemment l’autrice (journaliste à L’appel) dans ce premier roman qui décrit avec sensualité l’état de dépendance amoureuse. (M.P.)

Virginie STASSEN, Gueule d’ange, ??, Constellation : St Germain du Bel Air, 2025.

CONTRE LA MONTRE

Voici un thriller terriblement addictif. Convoqué anonymement à Zurich, un universitaire américain découvre que son père, censé être mort depuis des années, vient de décéder d’une crise cardiaque, faisant de lui le légataire de sa Fondation liée aux services secrets états-uniens. Tandis qu’il se voit proposer une forte somme pour refuser cet “héritage”, il est contacté par deux femmes qui lui demandent de temporiser. Secondé par son énigmatique chauffeur, le voilà lancé dans une course contre la montre pour comprendre qui était son père probablement assassiné. Par l’auteur des enquêtes du bouquiniste Stanislas Barberian chez “Noir Corbeau”. (M.P.)

Francis GROFF, L’homme au carnet de cuir, Bruxelles, Asmodée Edern, 2025.

COMÉDIE THÉÂTRALE

L’histoire de la Comédie française n’a pas été un long fleuve tranquille, comme le relate ce roman graphique plein d’allant et d’humour. Au XVIIe siècle, le théâtre est affaire royale et, à Paris, plusieurs troupes sont en concurrence. Dont celle de Molière, Madeleine et Armande Béjart qui, après avoir (mal) joué des tragédies, se met (avec succès) à la comédie. Née officiellement en 1686, la “maison de Molière” (mort en 1973) déménagera plusieurs fois avant de trouver son emplacement définitif. Un périple plein de fureur et de passion qui épouse l’histoire de France et au fil duquel on croise Voltaire ou Beaumarchais. (M.P.)

Michaël LE GALLI et Virginie AUGUSTIN, C’est la faute à Molière ! Paris, Rue de Sèvres, 2025. 

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