Petits Riens et grandes rivières : collectes à l’aube

Petits Riens et grandes rivières : collectes à l’aube

Derrière les bulles de collecte des Petits Riens, c’est tout un monde de bénéficiaires qui profite de la solidarité de cette association, héritière de l’abbé Froidure, fondée dans les années 1930. Si la grosse vingtaine de magasins de seconde main est une vitrine assez connue – qui permet de financer les projets – le travail social envers les plus démunis est moins visible : maisons d’hébergement pour hommes seuls, pour jeunes ou pour familles monoparentales, centre de jours et insertion socio-professionnelle.

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Publié le

27 février 2026

· Mis à jour le

27 février 2026
Une personne qui collecte des textiles dans un sac
© Stephan GRAWEZ

BRIEFING DE DÉPART

6h30. Les chauffeurs et les collecteurs reçoivent leur mission du jour. Les équipes se composent de 2 ou 3 personnes. Directions les 700 bulles réparties en Belgique, très majoritairement à Bruxelles et en Wallonie. 

PREMIÈRE HALTE

7h. Route de Lennik. Le jour n’est toujours pas levé. Segundo, Ammar et Aziz dégagent tout d’abord les déchets laissés par des personnes peu respectueuses. Les chauffeurs et les collecteurs deviennent parfois de vrais éboueurs…

RUE DES CHANTERELLES

Dans les embouteillages, près de l’hôpital Érasme, le camion s’est frayé un chemin. Le jour se lève à peine. Les bib bags se remplissent. Premier tri sur place : les déchets, les sacs éventrés, les objets jetés côtoient les vrais sacs de textiles.

PÔTS CLANDESTINS

Rue Lagey. Le jour s’est levé. L’association est responsable de la propreté autour de ses bulles. Dans ce quartier en cul-de-sac, celles-ci se confondent avec un dépôt clandestin : bidons d’huile, vaisselle cassée… Il faut tout embarquer. L’interdiction des textiles dans les déchets ménagers inonde les bulles de textiles non récupérables.

RETOUR AU CENTRE DE TRI

10h30. Le camion arrive au dépôt. Après environ 3 heures de ramassage, il décharge son butin. Les autres équipes reviendront plus tard, selon la distance à parcourir. Près de 30 personnes s’occupent des ramassages. Au centre de tri, ce sont quelque 50 travailleurs qui traiteront aussi des jouets, des livres, de petits électros…

PREMIER TRI

Les tapis roulants se mettent en action. Le personnel sépare les types de vêtements : robes, pantalons, chemises, pulls… Un deuxième tri suivra : celui des textiles revendables, recyclables ou à incinérer… Selon François Taquin, directeur opérationnel, « 15 à 20% des collectes finissent à l’incinérateur et environ 30% sont recyclées. Cela représente un coût pour nous. Et, vu la saturation du marché, la rentabilité diminue fortement ».

SECONDE MAIN

Les Petits Riens récoltent 8 500 tonnes de dons par an : 14% de meubles et d’objets, 84% de textiles. « Les vêtements qui aboutiront dans nos magasins de seconde main représentent environ 20% des collectes. Mais cela est en baisse » reconnaît François Taquin. 

DIFFICULTÉS

« Ce qui nous impacte surtout, c’est la quantité de textiles mis sur le marché. Cela n’arrête pas d’augmenter. Les gens consomment de plus en plus de produits qui sont de moins en moins de qualité. Difficiles à revaloriser, ils viennent obstruer toutes nos activités ». 

EXPORT

Le solde des textiles collectés (environ 30%) est empaqueté et destiné à l’étranger. Demain, les 7 camions et 2 camionnettes de l’association repartiront sur les routes pour une nouvelle tournée. Par tous les temps. Contraints de faire face à de nombreuses incivilités autour des bulles. 

Textes et photos : Stephan GRAWEZ

 petitsriens.be

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