Les théologies queer : le hors norme repousse la foi

Les théologies queer : le hors norme repousse la foi

Qui a dit que les visages mis sur les personnages bibliques ne pouvaient pas changer ? C’est toute la question soulevée par les théologies queer qui cherchent à offrir une lecture modernisée et actuelle des textes, pour permettre à tout un chacun d’être complètement soi dans sa foi.

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Publié le

1 octobre 2026

· Mis à jour le

3 octobre 2026
deux personnes de l'église avec des écharpes de couleurs
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« L’Église aime ce qui est vieux ! », soulève avec légèreté Suzanne Bécart, doctorante-chercheuse à l’UCLouvain. La jeune femme travaille sur les théologies lesbiennes et queer, et se qualifie “d’énergumène” en Belgique, le sujet restant discret en comparaison avec les pays anglo-saxons. « Dans le monde francophone, cette théologie est récente et bouscule encore », confirme Sébastien Doane, professeur agrégé en études bibliques à l’Université de Laval, au Canada, pays à la pointe de ces idées. La tension entre doctrine catholique et théologies queer porte moins sur la seule morale sexuelle que sur deux conceptions de l’être humain et de l’autorité. Le catholicisme affirme un corps sexué porteur d’un sens donné, inscrit dans la création et la tradition. Les théologies queer interrogent au contraire la part historique et culturelle de ces normes, à partir de l’expérience des personnes LGBT+ et d’une relecture critique des textes. En clair, le débat tient en une question : où finit l’héritage de la foi, et où commence ce que l’Église catholique peut encore réinterpréter ?

INTERROGER LA PLURALITÉ

Les théologien·nes sont regardés avec des yeux écarquillés, notamment par le Vatican et le corps clérical qui, pour l’heure, ne reconnaissent pas leurs travaux. “To queer”, en anglais, se traduit par “se poser des questions”, et “queer” par “bizarre”. Et c’est exactement ce que font les théologies queer : se demander ce qui est normal ou marginal et questionner les binarités. Autrement dit, interroger la pluralité dans les cinq domaines de la théologie – la Bible, l’éthique et la morale, la dogmatique, l’histoire du christianisme, la pratique et la morale – comme une réponse à la critique d’une Église catholique parfois old school sur la place de la femme ou de la sexualité, par exemple. 

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