Maximilien Seeger et Jérémy Mestdagh : deux amis en ski handisport
Maximilien Seeger et Jérémy Mestdagh : deux amis en ski handisport
Il lui fait aveuglément confiance. Littéralement. Aux Jeux paralympiques de Cortina, Maximilien Seeger, malvoyant, et son guide valide Jérémy Mestdagh ont signé plusieurs Tops 10 en ski alpin. Derrière la performance, une amitié de plus de vingt ans, une confiance absolue… et une aventure humaine bien au-delà des chronos.
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Le silence est coupé net par le claquement sec des skis sur la neige glacée. À pleine vitesse, Maximilien Seeger s’élance. Devant lui, Jérémy Mestdagh, son guide valide, ouvre la voie, micro branché, voix tendue dans l’oreille. « Hop… double… tiens… » Les mots fusent, précis, vitaux. Une fraction de seconde trop tard, et tout peut basculer. En amont de la course, la scène se répète inlassablement. Reconnaissance du tracé à pied, visualisation des portes, échanges rapides entre les deux hommes pour ajuster les repères. Jérémy lit la piste, anticipe les ruptures de pente, mémorise les enchaînements. Maximilien, lui, enregistre, projette, intègre. Cette préparation silencieuse, presque invisible, permet de sentir le terrain avant de performer. Au portillon, le casque Bluetooth est enclenché. Le lien est direct, sans filtre. La voix devient trajectoire, rythme, respiration. Elle remplace ce que l’œil ne perçoit plus. Sur ces quelques centaines de mètres de piste, tout repose sur cette transmission.
PRÉSENTS AUX JO
En mars dernier, aux Jeux paralympiques de Milan/Cortina, le duo belge engagé en ski alpin dans la catégorie des athlètes malvoyants a disputé cinq épreuves. À l’arrivée : quatre classements, dont une neuvième place en Super-G et un Top 10 au slalom. Des résultats solides face aux meilleures nations mondiales. Mais au-delà des performances, c’est une autre histoire qui s’est jouée sur la piste. « On s’est lancé il y a trois ans en se demandant si on allait y arriver, confie Jérémy Mestdagh. Alors, être aux Jeux, c’était déjà un bonus. On savait qu’on n’était pas les favoris. À l’entraînement, on tournait autour de la huitième ou neuvième place. On espérait faire cinquième ou sixième… et c’était possible. Mais on est tombés. » La chute, justement, devient un tournant. « Cela a été notre plus gros apprentissage. On s’était projetés, mais la réalité est différente. » Résultat : un classement qui se tient, même sans podium. « Pour deux “papys” du ski de 34 ans qui ont commencé à s’entraîner il y a trois ans, ce n’est pas si mal. »
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