Sortir du déni de l’urgence climatique

Sortir du déni de l’urgence climatique

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ! », proclamait Jacques Chirac en 2002. Depuis longtemps déjà, le GIEC alarmait sur l’avenir de la planète. Or, politiques, climato-sceptiques, et monde économique campent toujours majoritairement dans le déni. La multiplication des inondations, tornades, sècheresses ou incendies va-t-elle avoir raison de cette cécité ? L’écophilosophe belge Charlotte Luyckx répond, en défendant notamment l’idée d’une “écospiritualité”.

Par

Publié le

30 septembre 2026

· Mis à jour le

1 octobre 2026
une terre avec à gauche un climat aride qui brule et à droite une fonte des glaces
© Image produite par l’I.A

« L’écospiritualité, qui relie écologie et spiritualité, permet d’ancrer nos engagements dans nos valeurs profondes », explique Charlotte Luyckx, qui se définit comme “écophilosophe”. « Transconfessionnelle, explique-t-elle, l’écospiritualité elle invite à puiser, dans les différentes traditions spirituelles et religieuses, des ressources de sens et des pratiques susceptibles de nous émanciper des mécanismes consuméristes et de nous aider à traverser es bouleversements majeurs auxquels la crise écologique nous confronte et nous confrontera toujours davantage à l’avenir. Mais l’écospiritualité nous invite également à revisiter, de manière crique et créative, les traditions existantes en interrogeant les visions du sacré et de la nature qu’elles ont favorisé. Et elle encourage une vision marquée par l’Espérance, qui n’est pas un simple espoir, mais une espérance “contrefactuelle”, une espérance “malgré tout” qui trouve sa source dans notre rapport le plus intime au vécu. »

LECTURE BIBLIQUE

Pour ceux qui se réfèrent à la Bible, il est intéressant de relever que « Dieu dit : « Fructifiez et multipliez- vous, remplissez la terre et soumettez-la. » Mais, on fonction des traductions, ces mots prennent des sens multiples. On trouve aussi « assujettissez-la », « conquérez-la », « dominez-la ». Que faut-il comprendre ? Pourquoi, dès lors, ne pas remonter au texte originel en hébreu ? Étienne Demoulin, moine au monastère bénédictin de Wavreumont et hébraïsant, s’est prêté à l’exercice. « Le texte de la genèse envisage en effet la relation de l’être humain à son environnement, comme on dit aujourd’hui. Il provient d’une culture qui ne peut penser l’homme comme extérieur à son milieu vivant, comme c’est si souvent le cas dans la pensée dite moderne qui comprend l’homme comme séparé de la nature, comme maître de la nature. C’est à dire son “patron” qui a le droit de faire de la nature ce qu’il veut ou, pour le présenter autrement, qui a tout à dire et la nature, rien. »

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Envie de lire la suite ?

Découvrez nos offres d’abonnement…
Vous aimez le contact du papier ? Vous aimez lire directement sur Internet ? Vous aimez les deux ? Composez votre panier comme bon vous semble !

Déjà abonné-e ? Se connecter
Partager cet article

À lire aussi

  • Une forêt en feu
  • couverture du livre "la religion n'existe pas"