William Kentridge : l’absurde pour illustrer l’apartheid et la colonisation

William Kentridge : l’absurde pour illustrer l’apartheid et la colonisation

L’exposition bruxelloise consacrée à l’artiste sud-africain offre un parfait reflet de la puissance d’une œuvre qui touche à de multiples domaines, du dessin aux découpages, en passant par des films d’animation ou la fabrication d’objets aussi étranges que fascinants.

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Publié le

1 octobre 2026

· Mis à jour le

3 octobre 2026
exposition avec deux artistes
© BOZAR

William Kentridge traverse l’écran de droite à gauche dans une posture comique, les bras croisés, accentuant son lever de jambes, suivi par son double, courbé, les mains dans les poches. Et voici ces deux personnages rieurs repassant en sens inverse. Ces scènes cocasses renvoient à un tableau où il est représenté en deux exemplaires se courant l’un après l’autre. Une œuvre titrée Celui qui a fui son destin. Sur un nouvel écran, trois William Kentridge debout derrière leur table de travail saluent à tour de rôle de manière solennelle et appuyée. C’est dire que cet artiste sud-africain ne manque pas d’humour. L’exposition, dont l’affiche le montre de dos contemplant un cheval sur lequel il est lui-même juché, s’intitule I am not me, the horse is not mine (Je ne suis pas moi, le cheval n’est pas à moi).

exposition

DADA ET UBU

« Le monde est fou à lier, déclare-t-il, et le décrire en termes cartésiens rationalistes nous fait souvent passer à côté de quelque chose : on le simplifie, on le déforme et on le modifie. L’absurde s’apparente à une forme de réalisme. Lorsque le monde lui-même est irrationnel, le décrire rationnellement peut être trompeur. L’absurde pousse une logique imparfaite à l’extrême, révélant ainsi ses contradictions sous-jacentes. C’était le cas du système de l’apartheid, à la fois méticuleusement organisé et fondamentalement absurde. Je m’intéresse à cette approche depuis mon plus jeune âge pour aborder la complexité de la réalité contemporaine. On le voit clairement chez Dada, Kafka, Gogol et d’autres. »

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