WUUNE : la guerre aux loyers trop chers

WUUNE : la guerre aux loyers trop chers

Fondée il y a un peu plus de deux ans, cette association autogérée par ses membres défend un encadrement des loyers à Bruxelles. Car ils sont souvent devenus abusifs, et donc inabordables pour de plus en plus de gens.

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Publié le

27 février 2026

· Mis à jour le

27 février 2026
© WUUNE

« Face à la loi des bailleurs, qui protège les locataires ? » La phrase, écrite en lettres capitales noir et rouge, recouvre un grand drap blanc accroché sur la façade d’un local à deux pas de la Bourse de Bruxelles. Sur le piétonnier se pressent une quarantaine de personnes, certaines brandissent des pancartes dénonçant les « loyers abusifs, justifications bidons », réclamant « le logement pour les gens pas pour le profit » ou stigmatisant avec humour les fausses promesses : « Je répare lundi (promis). » Avec un porte-voix, un jeune homme explique leur action aux passants. Tous ces hommes et femmes d’âges et d’origines variés sont membres du syndicat Wuune qui, le 17 janvier dernier, a voulu (ré)introduire dans le débat public la question de l’encadrement des loyers dans la capitale belge. Une ville où ceux-ci n’ont cessé d’augmenter, surtout ces cinq dernières années.

LOYERS ABUSIFS

Association de fait née fin 2023, Wuune – “habiter” en bruxellois – est un syndicat d’habitant·e·s, auto-organisé et indépendant, qui appartient à ses membres, tous bénévoles et représentés dans ses différents espaces de décision. Il a fait de ce combat son cheval de bataille. Et il faut bien dire qu’il y a du boulot ! Une ordonnance interdit bien à Bruxelles les loyers abusifs, c’est-à-dire supérieurs de plus de 20% à ceux de référence déterminés par une grille indicative. Mais de nombreux bailleurs n’en tiennent pas compte, et continuent à réclamer des sommes bien trop élevées par rapport à la qualité du logement qu’ils proposent. Et ce malgré la création d’une Commission Paritaire Locative (CPL) composée à parts égales de représentants de propriétaires et de locataires, censée veiller à son respect.

Il n’est ainsi par rare que le loyer d’une personne ou d’un ménage dépasse la moitié de ses revenus, voire davantage, alors qu’il devrait tourner autour du tiers.  Un locataire estimant son loyer trop élevé peut aller s’en assurer sur le site internet de la CPL. En fonction du type de logement (studio, appartement ou maison), du nombre de chambres, de sa surface, de son année de construction, du niveau PEB (Puissance énergétique des bâtiments), de différents éléments (garage, chauffage central, double vitrage, espaces de rangement, etc.) et, bien sûr, de sa localisation, il obtiendra un loyer de référence. Si ce qu’il paie chaque mois le dépasse de 20%, il a la possibilité d’introduire un recours. Prévenu, toutefois, que « ce montant peut être justifié par des éléments de confort propres au logement ou à son environnement ». Une phrase fourre-tout passablement hypocrite qui autorise tous les abus, chacun mettant ce qu’il veut derrière les « éléments de confort ».

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