Bouddhisme : le « non-soi » et l’impermanence
Bouddhisme : le « non-soi » et l’impermanence
Le “non-soi” est la prise de conscience que l’existence de tout objet, tout phénomène, est conditionnée par l’interconnexion d’autres phénomènes. Pour former une bactérie, il faut des molécules particulières et un arrangement particulier de ces molécules ; pour qu’une bactérie vive, il faut un environnement permettant l’alimentation de cette bactérie ; pour que la bactérie se reproduise,…
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Le “non-soi” est la prise de conscience que l’existence de tout objet, tout phénomène, est conditionnée par l’interconnexion d’autres phénomènes. Pour former une bactérie, il faut des molécules particulières et un arrangement particulier de ces molécules ; pour qu’une bactérie vive, il faut un environnement permettant l’alimentation de cette bactérie ; pour que la bactérie se reproduise, il faut également des conditions extérieures et intérieures. L’humain qui médite n’existe donc pas indépendamment de l’extérieur ; il est constitué d’eau, de matières digérées et assimilées par l’organisme pour faire partie du corps sans cesse renouvelé. Les pensées sont le plus souvent issues de la langue, de la classe sociale, de la nation dans laquelle l’humain a été élevé, soit parce qu’il les a adoptées telles quelles, soit parce qu’il a grappillé d’autres manières de penser contre son milieu ailleurs et rarement ex nihilo.
RELIANCE AU MONDE
Ce que Thich Nhat Hanh (1926-2022) appelle l’« inter-être », c’est le “non-soi”, le principe suivant lequel tout phénomène est conditionné par d’autres, qu’un phénomène est un croisement particulier de réalités existant en dehors et indépendamment de ce phénomène. “Non-soi”, parfois traduit de manière simpliste par “vide”, signifie que nous sommes reliés au monde par notre corps et notre esprit, que nos conditions de vie, nos angoisses, nos espérances sont reliées à celles des autres proches ou lointains. La prise de conscience du “non-soi”, peut devenir une occasion de prise de conscience de la plénitude de notre reliance au monde, de la continuité de notre commune humanité, de notre commune animalité, de notre commune minéralité.
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