HPI, une autre manière d’être au monde
HPI, une autre manière d’être au monde
Doté d’une vitesse de pensée et de particularités sensorielles atypiques, le surdoué n’est pas plus intelligent que ses semblables, il l’est différemment. Ce qui le rend singulier, intrigant, horripilant aussi. Plongeant ses parents dans un état d’impuissance parfois difficile à surmonter.
Publié le
· Mis à jour le
De loin, tous les zèbres se ressemblent, avec leur alternance de rayures noires et blanches. Mais, en s’approchant, on se rend compte que pas un pelage n’est identique à un autre, que de multiples différences singularisent chacun d’eux. « Les zèbres sont parmi les équidés, ceux que l’homme a du mal à approcher », remarque la psychologue française Jeanne Siaud-Facchin qui, en 2012, dans son ouvrage L’enfant surdoué : l’aider à grandir, l’aider à réussir, a utilisé leur nom pour qualifier les enfants intellectuellement précoces, généralement appelés aujourd’hui HPI (à haut potentiel intellectuel). Si, à l’instar des animaux, ces enfants à haut quotient intellectuel (130 ou plus) possèdent tous des traits communs, ceux-ci sont plus ou moins développés chez chacun d’eux et ils ont, en outre, des caractéristiques propres.
« Être surdoué n’est pas être quantitativement plus intelligent que les autres mais penser, fonctionner, comprendre avec une forme d’intelligence qualitativement différente. », précise la psychologue dans sa préface de Je suis un zèbre, le témoignage de Tania, une jeune fille qui, avant d’être diagnostiquée HPI, a passé trois mois en hôpital psychiatrique. Elle énumère ce qui la caractérise : une hypersensibilité, une forte empathie, une grande envie de savoir (qui se manifeste par exemple par des questions en décalage avec son âge), de la créativité, une imagination débordante ou une pensée en arborescence, une idée en amenant à deux autres qui en amènent à d’autres, etc.
SENS DE LA VIE
Ce monde, la romancière belge Isabelle Bary le connaît bien puisqu’elle est la mère d’un enfant précoce. « Tim est notre aîné et c’est à 6 ans que nous nous sommes rendu compte qu’il était HPI, à une époque, il y a une vingtaine d’années, où on n’en parlait pas beaucoup, se remémore-t-elle. Cela s’est manifesté par de petits indices. Il a lu avant l’âge où on apprend à lire, par goût, tout seul. Il s’exprimait comme un grand. Il aimait la compagnie des adultes. Il avait des questionnements un peu particuliers, posant des questions sur la fin du monde, le sens de la vie… On a d’abord pensé que c’était normal, on lit beaucoup, on l’emmène partout… C’est un logopède qu’il a vu suite un petit défaut de prononciation qui, suite à un test de QI, l’a diagnostiqué HPI. »
Envie de lire la suite ?
Découvrez nos offres d’abonnement…
Vous aimez le contact du papier ? Vous aimez lire directement sur Internet ? Vous aimez les deux ? Composez votre panier comme bon vous semble !
