Jeanneke Pis, les réalités de la rue

Jeanneke Pis, les réalités de la rue

Un hymne vient d’être créé en l’honneur de Jeanneke Pis, une statue du centre de Bruxelles dont prend soin une association créée à son nom. Elle représente une forme de sororité avec toutes les femmes qui, comme elle, vivent démunies dans la précarité des sans chez-soi.

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Publié le

30 septembre 2026

· Mis à jour le

1 octobre 2026
statue
AUDACE. Au-delà des conventions imposées, une interpellation sur la situation des femmes. © Jeanneke Pis

Impasse de la Fidélité, à quelques pas de la Grand Place. Comme d’habitude, beaucoup de touristes et de badauds fréquentent ce petit bout de rue. Peut-être pour découvrir une célèbre brasserie qui y a installé plus de 8 bars, proposant des milliers de sortes de bières différentes aux amateurs de ce breuvage qui, ici, coule à flots ? Pas seulement. Certains cherchent autre chose qui se cache quelque part dans un renfoncement de l’un des bâtiments. Il s’agit de trouver une statue faisant le pendant de Manneken Pis, ce gamin insolent qui urine dans la rue, symbole de la zwanze, de l’esprit frondeur et décalé des echte brusseleirs : l’effigie de Jeanneke Pis. Celui ou celle qui la découvre en premier l’indique à ses voisins avec un sourire un peu gêné. Tous sont éberlués par l’audace de ce personnage qui, au-delà de la surprise et de l’anecdote, suscite la réflexion depuis le milieu des années 80. Jeanneke Pis est d’abord une histoire de famille. « Mon oncle Denis Debouvrie a créé cette statue entre 1985 et 87, aime raconter Thierry Sacré, Suite à son décès en 2008, mon frère et moi-même nous en avons hérité. D’un commun accord, il a été décidé que c’est moi qui devrai m’occuper d’elle. »

UNE DIMENSION SOCIALE…

À l’origine, il s’agit de l’idée d’un commerçant qui décide de créer quelque chose pouvant attirer le chaland. « Il est vrai que mon oncle était un peu un électron libre, poursuit son neveu. Ce projet lui ressemble bien et, dès le départ, portait en lui une dimension sociale en consacrant tout l’argent que les gens versaient dans la fontaine à la cause du sida. Mon oncle était homosexuel et, à l’époque, cette maladie était une autre affaire qu’elle ne l’est maintenant. » Héritier de ce patrimoine à la fois familial, folklorique et intemporel, son nouveau propriétaire tient beaucoup à cette statuette qui le charme à plus d’un titre.

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