L’après-covid : espoirs et désillusions

L’après-covid : espoirs et désillusions

« Le confinement doit ouvrir sur l’essentiel et un changement radical est possible », espérait Edgar Morin en pleine période de crise. Six ans après, on en est loin : tout est peu ou prou redevenu comme avant, les changements ont été davantage individuels que sociétaux.

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Publié le

28 août 2026

· Mis à jour le

31 août 2026
Femme devant un ordinateur en réunion
© Freepik

« Rien ne sera plus comme avant ! » Répétée à l’envi pendant le premier confinement de mars à mai 2020, cette phrase a fait office de mantra rassurant : on allait tirer les leçons de cette période aussi incertaine que déstabilisante pour repartir sur de nouvelles bases. Las ! Si certaines personnes en ont profité pour quitter les grands centres urbains ou se remettre en question, réorientant leur vie, si le télétravail et les réunions en visio perdurent, de même que quelques comportements individuels, tout est « comme avant ». Alors que la pollution atmosphérique avait amplement régressé grâce à la forte diminution de l’activité industrielle et des transports routiers et aériens, les voitures ont retrouvé leur place prépondérante, tout en devant “négocier” avec des vélos (et des trottinettes électriques) de plus en plus nombreux, les avions fonctionnent à plein régime et la consommation a repris de plus belle. 

COMMUNAUTÉ DE DESTIN

Pourtant, ils sont nombreux à l’avoir espéré, ce bouleversement ! « Nous n’avons d’autre choix que d’adapter nos modes de vie à cette réalité », estimait Frédéric Lenoir en avril 2020, en plein confinement, dans Vivre ! Dans un monde imprévisible (Fayard). « Nos vies ont été bousculées, nos habitudes dérangées, des prises de conscience se sont faites : tenons compte de toutes ces évolutions pour repartir d’un bon pied, dans une bonne direction (…) », insistait-il. « Une fois la crise passée, reprendrons-nous la course infernale ? Garderons-nous le goût de la lenteur, des balades, la bicyclette, le slow food ? », s’interrogeait le même mois Edgar Morin dans Changeons de voie (Champs Flammarion). « Saurons-nous tirer les leçons de cette pandémie qui a révélé une communauté de destin à tous les humains, en lien avec le destin bioécologique de la planète ? » 

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