Oublier le paradis
Oublier le paradis
On peut oublier ce qui demeure pourtant sous nos yeux : quand une chose prend toute la place, tout le reste cesse d’exister, non pas objectivement, mais subjectivement.
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Le récit de la chute d’Adam et Ève dans le Coran est souvent lu comme le récit d’une tentation punie. Dieu ouvre le Paradis, offre à ce couple primordial ses délices et ne leur interdit qu’une seule chose : l’approche d’un arbre. « Mangez-en tous deux, à votre guise ; et n’approchez pas de l’arbre que voici » (s.7 v.19).
La faute semble alors limpide : l’interdit excite le désir, le désir devient transgression, et la transgression provoque la chute. Pourtant, un autre détail du récit permet peut-être d’en déplacer le centre de gravité. Le Coran dit ailleurs au sujet d’Adam : « Il oublia » (s. 20 v. 115). Et si la chute ne venait pas seulement du désir, mais de l’oubli ?
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