Oublier le paradis

Oublier le paradis

On peut oublier ce qui demeure pourtant sous nos yeux : quand une chose prend toute la place, tout le reste cesse d’exister, non pas objectivement, mais subjectivement.

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Publié le

1 octobre 2026

· Mis à jour le

3 octobre 2026
Portrait de l'écrivain Abdel Gawad

Le récit de la chute d’Adam et Ève dans le Coran est souvent lu comme le récit d’une tentation punie. Dieu ouvre le Paradis, offre à ce couple primordial ses délices et ne leur interdit qu’une seule chose : l’approche d’un arbre. « Mangez-en tous deux, à votre guise ; et n’approchez pas de l’arbre que voici » (s.7 v.19). 

La faute semble alors limpide : l’interdit excite le désir, le désir devient transgression, et la transgression provoque la chute. Pourtant, un autre détail du récit permet peut-être d’en déplacer le centre de gravité. Le Coran dit ailleurs au sujet d’Adam : « Il oublia » (s. 20 v. 115). Et si la chute ne venait pas seulement du désir, mais de l’oubli ?

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