Pierre est un jeune fermier timide qui rougit facilement et ne parle pas beaucoup. Il est d’ailleurs surnommé “le Taiseux”. On est en pleine guerre de 14-18 et il arrive au front en train avec tout un régiment. L’ambiance est à la fête dans le wagon et tout le monde chante, à s’en rompre les poumons : « Laisse tes soucis en poche et souris ! ». La réalité à laquelle il se voit confronté est pourtant tout autre. Il transbahute des obus et brancarde des blessés aux corps déchiquetés ou des cadavres en bouillie. Parfois, il se retrouve de nuit dans la boue des tranchées pour prendre la relève d’autres soldats épuisés.
On lui dit que, pour tenir, il ne doit pas penser à ce qu’il fait, mais la réalité pèse trop lourd pour être simplement mise en poche. Il n’arrive plus à sourire, sauf à l’arrière de la ligne de front où un groupe d’artistes, constitué de soldats blessés, se charge de mettre de l’ambiance. Ils montent des cabarets et présentent des numéros pour redonner le sourire à leurs camarades, leur changer les idées. Ils leur rendent, le temps d’un rire, leur humanité malmenée par la guerre. À la tête des artistes, Francis, fils d’un tailleur, sait coudre les costumes de théâtre et possède un talent inné pour mettre en scène des numéros. Entre Pierre et Francis, des regards s’échangent et deviennent de plus en plus appuyés.
Envie de lire la suite ?
Découvrez nos offres d’abonnement…
Vous aimez le contact du papier ? Vous aimez lire directement sur Internet ? Vous aimez les deux ? Composez votre panier comme bon vous semble !
